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DERNIERE AUBE (Guez/Futaki)

BD. En Floride, où il propose des sorties pêche aux touristes, John Martyrossian (ce nom…) pensait avoir tiré un trait sur sa vie d’avant. Mais quand on a été un tueur à gages pour la mafia russe, on ne prend jamais vraiment sa retraite et quand son ex-patron vient le trouver pour lui demander un service, John sait qu’il ne peut pas refuser. Bref, s’il veut enfin être tranquille, il doit retrouver cette gamine de 17 ans qui a disparu depuis quelques jours à la Nouvelle-Orléans. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’il devra faire équipe avec un agent du FBI pour mener à bien cette mission qui va l’entraîner dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine…

Noir, c’est noir…D’un autre côté, avec un titre pareil, on pouvait s’y attendre, d’autant que le récit sort dans la collection Aire noire, face sombre de sa jumelle Aire libre. Le tout dernier du hongrois Attila Futaki, mort d’un cancer foudroyant alors qu’il y mettait la dernière main. Le livre fait donc figure d’hommage, avec des post-faces du scénariste et de l’éditeur, à ce dessinateur talentueux. L’édition, superbe, rend en tout cas justice à son magnifique travail graphique, particulièrement sombre avec son encrage dense et ses fonds de pages majoritairement noirs, parfait pour mettre en scène le scénario brutal et désabusé de Jérémie Guez. Une enquête plutôt classique (agressions sexuelles, jalousie et meurtres en série sont de la partie…), même si Guez propose un tandem inattendu, mais qui fonctionne bien, constitué d’un ex-tueur à gages et d’un d’agent du FBI cabossé (il a la mort d’un collègue sur la conscience) pour la mener, mais qui tient en haleine jusqu’au bout grâce à quelques fausses pistes et autres rebondissements bien sentis. Un récit bien maîtrisé donc et parfaitement mis en image, on l’a dit, dans un style réaliste techniquement très propre par Futaki. De quoi nous faire regretter un peu plus la perte de ce grand talent, surtout quand on sait que le hongrois avait un projet en cours avec la légende Brian Azzarello, qui signe d’ailleurs une jolie préface en sa mémoire. Du très bon polar !

(Récit complet, 160 pages – Aire noire/Dupuis)

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