BD. Sinclair atterrit sur l’héliport d’une île pour millionnaires. Missionné sur place par son boss pour y négocier l’acquisition d’une villa, il est accueilli par Herr Zwigli, son propriétaire, qui lui fait visiter les lieux. Palais vénitien, maison art déco, riad marocain, villa style belle époque : il y a en pour tous les goûts. Un petit paradis où l’on joue au golf, où l’on trouve langoustes et Champagne aux repas…qui se finissent souvent en dispute, voire en bagarre, chacun jalousant son voisin. Rien qui ne pousse cependant les habitants à fuir cet éden éloigné du commun des mortels. Rien à part peut être le tsunami qui a été détecté à des milliers de lieux de là et qui avance vers leur île…
L’Ile des riches restera comme le dernier récit imaginé par Pierre Christin, le scénariste, à qui l’on doit quelques histoires et séries devenues iconiques comme Partie de chasse (avec Bilal), Léna (avec Juillard) ou encore Valérian et Laureline (avec Mézières), s’étant éteint en octobre 2024, alors que Titwane commençait tout juste à le mettre en images. Un récit très critique envers les ultra-riches. Le fameux 1% qui se croit au-dessus des lois et pense pouvoir vivre en retrait de la société grâce à son argent, à l’abri des guerres ou des changements climatiques. Le scénario, plutôt simple (on découvre la vie sur l’île puis les préparatifs de départ, dans la panique, à l’annonce du tsunami) mais percutant, permet à Christin de rappeler qu’ultra riche ou pas, nous restons humains et donc mortels.
Le dessin semi-réaliste de Titwane porte cette histoire avec inspiration. Si paysages et maisons sont reconstitués de façon très crédible, le dessinateur n’hésite cependant pas à proposer des scènes burlesques (on pense à la bataille de langoustes…), efficaces, pour tourner en ridicule la jalousie, l’égoïsme et la superficialité de ces millionnaires. Rehaussé de jolies aquarelles, il se montre à la hauteur du défi de ce récit mordant et terriblement d’actualité !
(Récit complet, 112 pages – Dargaud)



