APRES ARTHUR 1. Le trône et l’épée (Legrand/Sierra)

BD. Olivier Legrand, scénariste, rappelons-le, des Quatre de Baker Street ou encore d’un Thorgal saga, tous 2 dessinés par Etien, a toujours été passionné par la légende arthurienne, à tel point qu’il avait même voulu en faire le sujet de son mémoire de maîtrise. Mais il a mis du temps (par peur de trahir cette mythologie unique) à accepter l’idée d’imaginer un récit qui s’en inspire. Il y a eu d’abord le diptyque Olwen, fille d’Arthur, dans lequel il imagine la destinée de la fille cachée du roi légendaire. Un récit en forme de galop d’essai qui le mena jusqu’à Après Arthur

Dans cette nouvelle série, il ne se contente pas de revisiter la légende arthurienne mais s’attaque à ce qu’aucun roman médiéval n’avait fait : imaginer ce qui se passe après la mort d’Arthur. Le chaos, bien sûr (ce premier tome s’ouvre d’ailleurs sur une scène apocalyptique marquante : le roi gisant à terre, mourant, entouré de ses camarades et ennemis morts, déjà la proie des charognards, magnifiquement menée par Sierra), les désirs de pouvoir qui s’éveillent chez certains, la volonté de sauver l’île de Bretagne chez d’autres, aussi et au centre de toutes les attentions Excalibur, bien entendu. On retrouve donc les personnages célèbres de la légende : la Dame du Lac, Morgane, la reine Guenièvre, Sire bedwyr ou Lancelot (souvent mentionné, il n’apparaît cependant pas dans le premier tome), mais aussi de nouveaux protagonistes : Melehan et Garran, les fils, que tout oppose, du traître Mordred ou Niève, la fille de la Dame du Lac. Dans une narration ébouriffante. Legrand conte en effet ce moment de bascule où l’île de Bretagne, et même Avalon (sans en dire trop les pouvoirs de la Dame du Lac semblent affaiblis…), pourraient tomber dans le chaos et les ténèbres avec un vrai souffle romanesque parfaitement aidé en cela par le très beau travail graphique de Sierra. Son dessin (un trait semi-réaliste solide rehaussé de couleurs réussis) se montre en effet aussi vivant qu’expressif et cadrages et découpage sont d’un grand dynamisme. Un premier tome prometteur qui nous donne clairement envie d’en découvrir davantage…

(Série, 80 pages pour ce tome 1 – Le Lombard)

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