MANGA. Pré-publiées dans un magazine japonais, les 32 histoires courtes ici rassemblées mettent invariablement le même personnage en scène : un homme dont on ne sait pas grand chose, à part qu’il est célibataire, qu’il dirige seul une société d’export et qu’il adore, une fois son travail accompli, se rendre dans de petits restaurants populaires des villes (Takasaki, Tokyo, Nakatsu, Kawasaki…) qu’il traverse pour découvrir la nourriture locale. Les récits, toujours longs de 8 pages (cela devait faire partie du cahier des charges imposé par le magazine…) et écrits par Masayuki Kusumi, proposent un scénario souvent très semblable : après quelques considérations sur son travail, le moyen de transport que notre homme vient de prendre ou le quartier dans lequel il se trouve, il se met rapidement en quête (il faut dire qu’on le retrouve souvent à l’heure des repas…) d’un endroit pour se sustenter. On a ensuite droit à ses hésitations face aux différents plats proposés et, enfin, on voit notre protagoniste se régaler de beignets de poulpe takoyaki, de bouchées chinoises à la viande « shûmai », de manjû grillés, de nouilles de blé tendre « udon » ou encore de porc pané…Les histoires sont assez répétitives et il vaut mieux donc n’en grignoter que 2 ou 3 à la fois mais elles nous renseignent aussi, en filigrane, sur la société japonaise : ses us et coutumes, les relations hommes/femmes ou son goût pour le baseball. S’il n’est pas le livre le plus enthousiasmant de Taniguchi (nos préférés restent Quartier lointain et Le journal de mon père), Le gourmet solitaire reste malgré tout une curiosité dans sa bibliographie qui intègre ici la magnifique collection Taniguchi comme en VO (avec sens de lecture japonais) du label Sakka de Casterman.
(Recueil d’histoires courtes, 408 pages – Sakka/Casterman)



