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ALIOCHA DISPARU (Prudon)

BD. Emilie et Aliocha ont perdu leur père il y a presque un an. Depuis, leur mère peine à reprendre le dessus et reste souvent dans leur appartement, allongée sur le canapé. Et Aliocha a pris ses distances et ne lui rend visite que rarement. Quand il disparaît subitement, Émilie décide de partir à sa recherche et va découvrir des aspects de sa vie qu’elle n’imaginait pas…

Les éditions Monsieur Toussaint Louverture ne sortent que quelques BD par an mais à chaque fois ce sont de vrais projets éditoriaux, des objets à la fabrication soignée, qui attirent par leur ambition. C’était notamment le cas de l’étonnant Watership down de Sturm paru l’an dernier. Cette fois, l’éditeur a choisi d’accompagner un jeune auteur, Léopold Prudon, dans la création de sa nouvelle œuvre, Aliocha disparu. Un roman graphique au trait fin et épuré, souvent en bichromie, influencé par le manga et le roman graphique américain, qui nous parle de deuil, du vide que crée la perte d’un être cher et des façons, très différentes selon les personnes, dont le cerveau humain gère cette épreuve. Pour Aliocha, c’est vivre cela dans son coin, en laissant libre cours à des penchants jusque-là mis de côté. Alors que pour Émilie, c’est se rapprocher de sa famille, être là pour eux, les aider, quitte à se mettre en danger. Une plongée dans la douleur et l’absence, la culpabilité aussi, sur plus de 300 pages portée par une narration parfois hallucinée (et un découpage alors inventif et éclaté) qui mêle enquête et scènes oniriques mystérieuses et place la ville, omniprésente, en son centre. Un récit singulier à la sensibilité remarquée…

(Récit complet, 320 pages – Monsieur Toussaint Louverture)

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