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CAVILLORE (Claes)

ROMAN. Printemps 93. Nico en avait plus que marre. Du lycée, de Paris, de cette vie de mouton et de ses parents. Alors il a mis les voiles pour venir se réfugier, comme une évidence, à Gourdon, dans l’arrière-pays provençal, là où il vient régulièrement en vacances, dans la maison de sa grand mère. Il y tombe rapidement sous le charme de Lucie, la fille des Camillieri, cette famille un peu marginale qui s’est installée dans une ancienne ferme qui ne tarde pas à l’adopter. Une parenthèse magnifique que Nico aimerait sans fin. Mais, car il y a un « mais », c’est le moment qu’a choisi une chienne sauvage, immense et puissante, pour venir déposer le corps d’une jeune femme au petit matin devant l’auberge du village…

Jeremie Claes avait fait une entrée remarquée dans le monde du Polar il y a 2 ans avec L’Horloger, récit aussi habile qu’haletant. Il revient avec un nouveau récit en forme de confirmation, Cavillore. Dont l’intrigue, on vous le dit tout de go, surprend moins. Attention, portée par une narration à plusieurs voix parfaitement huilée, elle propose, comme il se doit, rebondissements et fausses pistes et tient donc en haleine le lecteur jusqu’au bout sans souci. Mais c’est juste qu’elle reste de facture classique pour du Polar. Non, son intérêt est ailleurs. Dans le rôle dévolu à un personnage atypique : la nature elle-même, omniprésente, notamment avec cette montagne qui domine le village, majestueuse et menaçante à la fois, Cavillore. Pas étonnant que le récit porte son nom. Car dans ce petit théâtre des Hommes, qui voit certains villageois bas du front (comme Remi, incapable de gérer ses frustrations) laisser libre cours à leurs pulsions les plus bestiales, c’est elle qui décide de remettre de l’ordre. C’est ainsi le vautour qui observe et alerte. C’est la chienne qui met sous le nez des villageois ce qu’ils ne veulent pas voir. Et c’est la montagne qui gronde et punit. Cela donne un petit côté fantastique frais et singulier à ce récit, écrit avec verve, à l’accent chantant, qui propose aussi un joli portrait de famille : les Camillieri, avec, à leur tête, Ariane, véritable matriarche charismatique au grand cœur . Une réussite, de nouveau !

(Roman, 240 pages – Editions Héloïse d’Ormesson)

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