ROMAN. 1957. C’est le premier jour des vacances dans les Vosges. Il fait déjà chaud à Saint-Maurice-sur-Moselle et Zan se demande bien comment il va meubler les 10 prochaines semaines avec Tipol, Belette, Zita et son chien Jean-Claude. Jusqu’à ce que ce grand con de Nano Grandgirard n’ait l’idée de les enfermer, lui et Tipol, la nuit du 14 juillet, dans les ténèbres du caveau du cimetière, au beau milieu des os de la fosse commune… La guerre venait d’être déclarée et la préparer (il faudrait trouver de quoi faire des flèches, aller jusqu’à la gare pour faire aplatir des clous par la micheline pour les pointes, faire des cabanes…) allait bien occuper Zan et sa bande. Il y avait aussi le Tour de France et Anquetil dont on suivait les exploits, bien sûr. Mais un autre ennemi, pire que Grandgirard, allait apparaître en ce début d’été. Méline Baillon, l’assistante sociale, dont son père veuf s’était entiché et qui voulait visiblement faire entrer ses idées dans leur maison. Il l’avait bien entendu quand elle était venue manger, un jour. Elle avait même parler de communion…
On vous en a déjà parlé : les éditions Héloïse d’Ormesson fêtent leurs 20 ans cette année et pour marquer comme il se doit cet anniversaire, des rééditions de romans ayant marqué l’histoire de la maison sont prévues. Premier livre édité il y a 20 ans, par la, alors toute jeune, éditrice, Méchamment dimanche en fait forcément partie, d’autant que le livre de Pierre Pelot était épuisé depuis quelque temps déjà. Le romancier y raconte l’été qui va changer la vie d’une bande de gamins. Les petits jeux innocents, les grosses conneries aussi (comme attaquer un train avec des flèches…), la fête au village, les premiers émois amoureux, bref le quotidien de grandes vacances d’enfants livrés à eux-mêmes par la faute de parents trop occupés par leur travail harassant ou hantés par les fantômes du passé. Mais dans la chaleur de l’été, l’orage gronde au loin et la chronique de l’enfance, manière de Guerre des boutons vosgienne, se transforme bientôt en roman noir, très noir… Pelot mène sa narration avec une belle maîtrise, notamment en ce qui concerne son rythme, la tension montant crescendo jusqu’à sa conclusion, véritable coup de massue final, dans son style ciselé et hypnotique habituel. Une exploration inspirée des tourments de l’enfance et du poids du passé.
(Récit complet, 496 pages – Editions Héloïse d’Ormesson)



