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DETER (Bündgen)

BD. Déter a réussi sa mission (faire sauter un réseau de galeries) mais il est le seul à y avoir survécu. Et il revient logiquement à la tour pour se faire payer. Il y est pourtant accueilli par une volée de flèches. Parvenu tout de même à entrer, à chaque étage qu’il franchit, il trouve toujours quelqu’un (des morts-vivants, un nain, des Koths, un nécromancien…) pour l’empêcher de s’approcher de celui qui peut lui verser ses 12 pièces d’or : le bibliothécaire. Mais comme tous les logaïs, Déter (comme son nom, en forme d’appel du pied aux « djeuns », l’indique…) n’est pas du genre à abandonner si facilement…

Si son scénario est plutôt mince (un homme qui tue tous ceux qui veulent se mettre en travers de sa route et l’empêcher d’avoir ses 12 pièces d’or), Amaury Bündgen (dont on avait beaucoup aimé les précédentes œuvres) en tire le maximum grâce à son savoir faire scénaristique. Comme dans l’excellent Le Rite, il joue ainsi à plein sur le mystère, ne livrant qu’au compte-gouttes (il faut, par exemple, attendre la page 29 pour apprendre pourquoi il veut entrer dans la tour) les informations entourant la quête de ce mystérieux Déter tout en suggérant, grâce à des répliques malicieuses glissées ici ou là, que notre logaï pourrait ne pas dire toute la vérité…Ce qui lui permet de nous tenir en haleine jusqu’au bout. Mais si le récit fonctionne bien, c’est aussi et avant tout, bien entendu, grâce au superbe travail graphique de l’auteur. Son dessin en noir et blanc (un choix on ne peut plus judicieux quand il s’agit de mettre en scène un récit d’heroic-fantasy médiévale aussi sombre) très détaillé et d’une grande justesse technique a une puissance d’évocation incroyable. Et l’on croit, du coup, sans sourciller à la quête de son Déter. Quant aux scènes de combats (et il y en a un paquet…), elles sont dirigées avec maestria. Et que dire des trognes de ces goules, de ces Goars, de ces Uroths ou encore de ce nain sadique, à part qu’elles sont juste réjouissantes ?

Décidément, Bündgen (qui fait un sans faute depuis qu’il s’est mis à la BD avec Ion Mud) sait y faire pour créer des univers étranges, crédibles et immersifs. Les fans de Dark Fantasy et de jeux vidéos (Déter, comme dans un jeu, doit franchir les différents niveaux pour arriver tout en haut et pouvoir affronter le chef de cette meute, Wizog), entre autres, peuvent y aller les yeux fermés !

(Récit complet, 136 pages – Casterman)

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