BD. Un livre par an depuis son retour à la bande dessinée en 2022 (il est, par ailleurs, réalisateur et superviseur d’effets visuels), Dominique Monféry est un métronome. Et s’il travaille vite (Juste après la vague comporte tout de même 140 planches), la qualité est souvent au rendez-vous. C’est encore le cas avec ce nouveau récit, adaptation d’un livre de Sandrine Colette. Un roman post-apocalyptique qui nous propose de suivre le combat d’une famille pour survivre. Après l’effondrement d’un volcan qui a occasionné un tsunami, beaucoup d’habitants du pays ont péri. Pas Madie, Patrick et leurs enfants. Surmontant un éperon rocheux, leur maison a en effet été épargnée. Le niveau de l’eau continue cependant de monter et ils doivent préparer leur départ. Mais la barque qui doit leur permettre de rejoindre les Hautes Terres, après 8 ou 9 jours de navigation, ne peut pas accueillir leurs 9 enfants. Ils se résolvent à partir sans Louie, Noé et Perrine. Ils leur expliquent, dans une lettre, qu’ils reviendront les chercher une fois arrivés à destination…
Entre le conte du Petit Poucet (avec cette famille acculée à l’abandon de certains de ses enfants) et l’excellent roman du canadien Yann Martel, L’histoire de Pi (pour la traversée maritime sur une frêle embarcation), Juste après la vague est un récit qui nous parle de combat pour survivre, de deuil, de solidarité et de résilience et qui sonne, surtout, particulièrement juste. De la réaction des enfants (leur insouciance et leur vision poétique des choses) à la psychologie des parents, Monféry saisit en effet avec une belle acuité les attitudes de ses personnages. Et grâce à son trait nerveux, très vivant et à un découpage dynamique, l’auteur nous entraîne sans coup férir dans cette histoire forte et marquante, au scénario plein de rebondissements, très maîtrisé, belle métaphore de la vie, avec toutes ces épreuves que Madie et Patrick doivent surmonter pour continuer à avancer. Une réussite !
(Récit complet, 144 pages – Rue de Sèvres)



