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KERNOK LE PIRATE (Riff Reb’s)

BD. À la mort mystérieuse (mais qui arrive à point nommé pour lui…) de son capitaine, Kernok, en tant que second, a pris le commandement de La Félicité, un brick qu’il s’est empressé d’armer et de renommer La Hyène pour en faire un bateau de pirates. Il doit d’ailleurs reprendre la mer pour aller aborder quelque riche goélette, mais avant, on ne sait trop pourquoi, il a décidé, sur les conseils de sa femme antillaise et superstitieuse, d’aller voir une naufrageuse qui a des dons de voyance pour qu’elle lui prédise son avenir…

On l’attendait avec impatience ce Kernok le pirate. Les lecteurs, bien sûr, alléchés à l’idée de pouvoir se mettre un nouveau récit de pirates signé Riff Reb’s sous la dent. Mais aussi, et peut être surtout, Oxymore, qui voulait montrer que la collection Noctambule, malgré son départ de Soleil, avait gardé sa figure de proue en la personne de Riff Reb’s, auteur totalement associé à la collection dans l’esprit des lecteurs. Parce que c’est lui qui y a sorti le premier livre, A l’ombre de l’étoile Matutine et que ses nombreux grands récits (Le loup des mers, Hommes à la mer, le diptyque Le Vagabond des étoiles) qui l’ont suivi, ont clairement contribué au succès et à la renommée de Noctambule. Et pour son premier livre chez Oxymore, la maison d’édition lui a demandé de rester en terrain connu, avec un nouveau récit de pirates (Riff Reb’s, lors de l’interview qu’il nous avait accordé l’an dernier au Cabaret vert, nous avait confié vouloir ensuite changer de cap pour suivre d’autres envies…), l’adaptation de Kernok le pirate, le roman d’Eugène Sue. Toujours aussi enthousiasmante. Parce que la matière première choisie par Riff Reb’s est des plus savoureuse : un récit d’aventure bourré d’humour noir, avec pour (anti-)héros une crapule de la pire espèce, sans foi ni loi, qui ne voit que son propre intérêt : j’ai nommé Kernok, que le narrateur, volontiers ironique (une très belle trouvaille…), n’hésite pas à moquer, ici ou là. Mais aussi, bien sûr, parce que l’auteur n’a pas son pareil pour le transposer en bande dessinée. Son travail graphique virtuose, avec ce trait semi-réaliste d’une précision diabolique, est comme à son habitude particulièrement immersif en plus d’être beau : les répliques et les attitudes (les trognes aussi…) des membres de l’équipage sonnent en effet vraiment juste. Et le jeu sur les couleurs, avec un travail remarquable sur les ombres et les lumières, restitue parfaitement les ambiances glaçantes (la scène d’ouverture chez la naufrageuse) ou fiévreuses (le combat contre la corvette anglaise) du récit. Bref, un excellent Riff Reb’s !

(Récit complet, 116 pages – Noctambule)

sullivan:
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