Skip to content Skip to footer

LE CAHIER A SPIRALE (Tronchet)

BD. Didier Tronchet s’est rendu compte qu’il avait eu besoin, dans nombre de ses récits, de mettre en scène des personnes importantes de son passé, de parler de lui et de sa vie mais toujours en la fictionalisant, en maquillant le réel, pour éviter d’avoir à s’y confronter frontalement. Et il a eu envie de comprendre cette étonnante stratégie d’évitement de son cerveau. Alors il s’est acheté un cahier à spirale et est retourné dans la maison où il a vécu si longtemps, à Marles-les-Mines, pour poser des questions à sa mère. A sa grande surprise, elle qui paraissait si discrète, et même secrète, sur son passé, avait beaucoup de choses à lui raconter…

On aime beaucoup le virage plus personnel et intimiste que Didier Tronchet a pris depuis quelques temps dans ses récits. Et après L’Année fantôme et Le Chanteur perdu, Le Cahier à spirale vient en quelque sorte clore sa trilogie « introspective ». En allant, cependant, beaucoup plus loin que dans ses prédécesseurs. Car si l’auteur y ajoute des éléments de fiction (son éditeur, caricatural à souhait, est une pure invention, par exemple) pour détendre l’atmosphère (l’ambiance est assez lourde…), Le Cahier à spirale est avant tout autobiographique. Un récit dans lequel Tronchet essaie de comprendre. Pourquoi il a toujours eu du mal à profiter des moments heureux. Ou pourquoi la mort rôde si souvent dans ses récits. Pour cela, il lui faut plonger dans l’histoire familiale, faite de non-dits et de mensonges. Par l’entremise de sa mère qui lui raconte son enfance mais aussi sa propre vie, marquée par les épreuves et le deuil.

Le Cahier à spirale est un drôle de livre, pas toujours facile à suivre (le découpage est souvent déstabilisant), qui mêle introspection personnelle, analyse de son œuvre par l’auteur lui-même, fiction ou encore autofiction. Tronchet y met tellement de choses que l’on se demande, après une introduction dense, si l‘on va parvenir à s’y retrouver. Mais grâce à de belles trouvailles scénaristiques et graphiques, c’est bel et bien le cas : on suit avec plaisir et même émotion (sa mère et l’auteur lui-même ont tout de même vécu des choses dures…que le dessin gros nez de Tronchet permet d’alléger un peu) cette plongée dans le labyrinthe de l’inconscient de l’auteur. Un récit aussi singulier que touchant dans lequel l’auteur se dévoile comme jamais.

(Récit complet, 192 pages – Aire libre/Dupuis)

Leave a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.