BD. Maintenant qu’on a lu Le Chemin derrière la maison, il va falloir le chroniquer ! Merci Jeremie Gasparutto, hein ! Parce que, croyez-moi, rendre la singularité de ce récit par des mots, ça ne va pas être facile. Peut être en commençant par parler de l’histoire ? Sauf qu’il n’y en a pas vraiment. Ou plutôt si, il y en a beaucoup, une multitude car Le Chemin derrière la maison, c’est l’histoire de la vie, que nous raconte Gasparutto à travers une balade poétique assez hallucinée. Qui nous emmène dans les bois se promener, faire des cabanes, jouer aux aventuriers. Dans l’eau, se baigner, écouter les poissons et les algues, se rafraîchir. Parmi les rochers, sur le littoral, construire des petits autels avec des galets, faire attention de ne pas glisser, écouter les mouettes qui crient. Bref, sur la Terre, parmi la nature magnifique qui y règne et les autres humains qui nous entourent, pour faire l’expérience de la vie. De l’amour, de l’amitié, de la paternité, du bonheur. De la souffrance aussi. Physique et morale. De la perte des êtres chers. De la mort. Une expérience d’individus, générations après générations, infimes et isolés. Sur la Terre, perdue au beau milieu de la Voie lactée, elle-même infime partie de l’univers.
Plutôt que de vouloir lire Le Chemin derrière la maison, il faut se laisser porter par sa narration intrigante, pleine de poésie, très différente des récits habituels et s’imprégner des émotions et des sensations portées par le trait fin et précis de Gasparutto pour un voyage graphique, étonnant et vertigineux, à travers le temps et l’espace, à nul autre pareil. Déroutant mais vivifiant et particulièrement original.
(Récit complet, 148 pages – Label 619/Rue de Sèvres)



