BD. Si vous avez grandi dans les années 70-80, vous n’avez peut-être pas que des bons souvenirs de l’école. Violence, brimades, humiliations étaient en effet monnaie courante à cette période, y compris venant des professeurs…C’est ce qu’a connu Evemarie aussi. Cela lui paraissait normal à l’époque mais plusieurs décennies plus tard elle a réalisé qu’il y avait vraiment eu des choses hallucinantes et inacceptables qui auraient pu être réellement traumatisantes. Alors elle a décidé d’en parler, non pas à un psy, mais en en faisant un livre. Et elle a donc invité des camarades dessinateurs à raconter une anecdote concernant leur expérience à l’école. Une idée intéressante même s’il faudra passer outre le titre, peu inspiré et la couverture, pas vraiment réussie…On retrouve donc 20 histoires courtes allant d’1 à 6 pages introduites (très bonne idée, là, par contre!) par les photos des auteurs gamins. Comme d’habitude avec ce genre de projet collectif, l’ensemble est forcément varié, que ce soit au niveau narratif ou graphique mais ce qui lie tous les récits, c’est bien sûr cette ambiance de violence qui régnait souvent à l’école alors. A l’époque, on pensait qu’une baffe de temps en temps, ça ne pouvait pas faire de mal. Et quand on en prenait une à l’école, on n’osait pas en parler à la maison de peur d’en prendre une autre…Un autre temps (ce qui ne veut pas dire que la violence a disparu des cours d’école, mais elle est en tout cas désormais prise en compte…) ! Sur lequel les auteurs reviennent donc de façon plus ou moins inspirée. Si certains récits restent justement anecdotiques, d’autres sortent vraiment du lot. C’est le cas de Fabcaro qui se montre comme d’habitude inspiré dans Mattioli avec cet humour absurde qui est sa marque de fabrique. De Courty et Dufreney, plus classiques dans leur approche, mais qui touchent malgré tout avec Tartes à la cantoche. De Bouilhac avec le divinement délirant L’enfer de l’orientation. De Buddy avec un B-gnet (on apprend son vrai nom, Bovagnet, au passage…) toujours aussi drôle, qui se permet une dédicace à Bud Spencer et Terence Hill en prime. Ou encore de Bob, qui montre comment ses qualités pour le dessin lui ont permis de passer à travers les gouttes dans Premier de la « casse« . Au final, Les 400 coups est une drôle de madeleine Proust qui parvient à nous faire rire de choses graves, même si parfois on rit vraiment jaune. Comme quand Efix raconte quand son prof de maths l’obligea à faire le tour de la classe à quatre pattes en aboyant…
(Recueil d’histoires courtes – Fluide Glacial)



