Après un tome 7 qui avait marqué une pause dans la série, le « Magasin général » reprend son rythme de croisière avec son lot de rebondissements…En fait, depuis l’arrivée de Serge et, surtout, depuis le retour de Marie de Montréal, c’est tout le village qui sent le vent du progrès et de l’évolution souffler…Sans maire ni curé, il n’y a plus vraiment d’autorité à Notre-Dame-Des-Lacs et après le Charleston, les mœurs continuent donc d’évoluer et les barrières morales de chacun de tomber : les jeunes ont envie de s’amuser et les plus anciens se laissent petit à petit convaincre que cette vie-là, débarrassée des qu’en dira-t-on et des conservatismes hors d’âge n’est pas pire…
La bonne chair (avec l’ouverture du restaurant de Serge), l’amour, la musique, la danse, les fêtes entre copains : « Le Magasin général » confirme qu’il est bien un hymne à la joie de vivre et un appel à jouir des plaisirs de la vie. Au beau milieu du Québec du début du XXe siècle ! Et c’est bien sûr cela qui fait son charme, sans oublier cette parlure québécoise, signée Jimmy Beaulieu, décidément truculente, son humanisme, la tendresse avec laquelle Loisel et Tripp font évoluer leurs personnages, et, bien sûr, ce dessin singulier (qui « sonne » vraiment juste), fruit de la collaboration, à deux mains !, des 2 auteurs.
Une très jolie série, dont il faut désormais apprécier chaque page, voire chaque case, puisque, ça y est, c’est décidé, « Les femmes » sera son avant dernier épisode !
(Série en 9 tomes – Casterman)