Jeudi 29 avril 2004 - Emo's, Austin, Texas

Blonde Redhead fait partie de ces rares groupes qui lors d'un concert m'a seduit sans crier garde. C'était à Nantes en 1997 pour la promotion de l'album 'fake can be just as good' (Touch and Go). Je ne possédais à l'époque aucun de leurs albums. 7 ans plus tard et un autre concert (moins bon) à Redon, le groupe excite presque toujours le meme intérêt et ce malgré l'évolution constante (et parfois déroutante) de leur son. Blonde Redhead est quelque part une institution dans le paysage indé ce qui explique le fait que la grande salle de l'Emo's affiche sold out ce soir.
Pour échauffer tout ce beau parterre d'oreilles aguerries, les Secret Machines se mettent en action. Auréolés d'un premier album pour Reprise intitulé 'now here is nowhere', ces ex-UFOFU, Tripping Daisy, Comet (et j'en passe) jouent fort et bien. Tignasse au vent, le batteur tape comme un sourd et imprime un tempo assez lent et très terre-à-terre ce qui contraste assez bien avec la guitare dissonante et le clavier planants. Le trio fait indéniablement penser à du Pink Floyd version plus moderne. Dans un style prog rock, les Machines étirent leurs morceaux et tissent des ambiances riches et crédibles. Lorsque le chanteur passe du clavier à la basse les compositions se font plus agressives et plus directes. Intéressant et le public ne s'y trompe pas en leur réservant une bonne salve d'applaudissements.

La chaleur est montée d'un cran. La foule est tellement compacte qu'il m'est impossible de m'approcher de la scène. Cette distance me frustre mais ne m'empêche d'avoir un bon angle sur cette scène que je connais bien maintenant. Humble et discret, le trio s'installe et démarre avec 'Falling Man'. Le concert passe bien évidemment en revue les titres de leur dernier album 'Misery is a Butterfly' (4AD). Même aidés par la technologie, je dénote tout de suite que les trois new-yorkais s'en sortent plus que bien pour restituer des morceaux très travaillés en studio. Kazu Makino est superbe dans sa longue robe jaune. Blonde Redhead ne serait pas ce qu'il est sans l'eminent charisme de cette jeune femme à la voix fluette et aiguë. Devant son synthé, avec sa basse, sa guitare ou seule, plantée le micro en main, elle rayonne et envoûte chaque morceau d'une douceur mélodique subjuguante. Le groupe pioche aisément dans son répertoire pour changer d'ambiance et pour nous rappeler combien il savait jadis faire parler ses guitares. Si l'atmosphère est assez mélancolique, le groupe dégage une incroyable sensualité dans leur jeu. Les nouveaux morceaux se font berceuse ('magic mountain') ou valse romantique ('pink love'). Mais à aucun moment le groupe ne se perd ou perd son public car il est empreint de la classe des grands ; de celle qui ne se marchande pas en signant sur une major mais bien de celle qui se gagne avec l'expérience et le talent. Le rappel de trois titres sera marqué par l'excellente et affolante chanson 'in an expression of the inexpressible'. Kazu et les frères Pace ont encore donne un très bon concert, un de plus que je classerais personnellement tout près du premier en 1997.
[chRisA]

 

 

 

 

photos :
Mathieu Drouet / Izo

 

 

 

 

 

 

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