BD. 1754, Nouvelle France. Un détachement de soldats anglais s’approche de Fort Duquene accompagné d’iroquois. Ils ont pour ambition d’étendre les frontières de leurs treize colonies vers l’Ouest. De son côté, la France ne peut leur abandonner la vallée de l’Ohio car elle relie la Louisiane et le Mississippi au sud à Montréal et Québec au nord. Le commandant du fort, Contrecoeur, envoie donc une délégation avec, à sa tête, Jumonville, pour rappeler à Washington et à l’Angleterre qu’ils sont en territoire français. Mais Pierre Larchange, présent en tant qu’éclaireur, ne peut que constater les dégâts quand un Iroquois tue Jumonville d’un coup de tomahawk…
Desberg et Vrancken se connaissent bien pour avoir, notamment, travaillé ensemble à la série I.R.$., paru au Lombard et plus récemment sur le one shot Les Enfants du ciel, sorti chez Daniel Maghen. Pour le même éditeur, ils viennent de réaliser Nouvelle France qui vient un peu chasser sur les terres de Patrick Prugne car ce nouveau récit est en effet une évocation de la guerre de 7 ans, principalement sur le sol américain, mais aussi européen, quand Larchange est mobilisé pour retourner se battre dans son pays contre les Prussiens. De ses implications pour le continent nord-américain qui se trouvait alors à la croisée des chemins, avec des Anglais espérant faire main basse sur l’ensemble des territoires alors que les Iroquois, dont Akaash, espéraient encore voir les Blancs partir de leur terre et que les riches propriétaires des colonies commençaient à ambitionner de prendre leur indépendance vis à vis du roi britannique…Mais aussi pour les hommes et femmes qui y habitaient, pris dans le tumulte de l’histoire en train de s’écrire par les plus riches d’entre eux…
Un épisode historique talentueusement raconté dans Nouvelle France. Le scénario de Desberg, parfaitement documenté, s’il donne les clés historiques pour que le lecteur puisse suivre ce qui se tramait en territoire américain, le fait toujours avec clarté. Habileté aussi en ajoutant un côté romanesque à son récit en imaginant cette rivalité entre Larchange et Akaash, véritable fil rouge narratif, ou encore le rapprochement entre l’anglaise Jane Moran et le même Larchange. Quant au travail graphique de Vranken, il est tout simplement somptueux. Ses magnifiques couleurs directes à l’aquarelle et son trait expressif, accompagné d’aplats de noirs, restituent paysages enneigés (superbes…) et combats avec grands réalisme !
(Récit complet, 128 pages – Editions Daniel Maghen)



