MOOK. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu droit à un numéro vintage de Métal Hurlant ! Et après le très bon « spécial Lovecraft » (c’était le numéro 12) paru il y a quelque temps, le magazine consacre de nouveau un numéro à l’auteur américain. Un hors-série qui reprend en fait le contenu d’un premier « spécial Lovecraft » paru en 1978. Bon, à part les septuagénaires collectionneurs, il n’y a de toute façon plus grand monde qui doit posséder ce numéro…Et on retrouvera donc avec plaisir des récits, pour certains devenus difficilement trouvables, de figures mythiques de Métal : Bilal, avec 4 récits courts très sombres qui permettent de redécouvrir ses débuts graphiques ; Moebius, Caza, Nicollet (et un univers étrange et halluciné, assez cryptique) ; Claveloux ou encore Druillet avec 11 pages qui revisitent graphiquement le Necronomicon de Lovecraft de façon très intuitive et habitée. Il y a là aussi, comme souvent, quelques curiosités : une incursion de Margerin dans le récit d’horreur parodique réalisé au pinceau ! Un récit façon roman-photo de Caro qui nous parle de dieux qu’il ne faut pas contempler via des clichés de figurines réalisées en pâte à modeler que l’auteur fait jouer comme des acteurs. Ou encore un article sur Finlay, un contemporain de Lovecraft, qui fut le premier à illustrer ses livres.
L’équipe de Métal a eu la bonne idée d’ajouter du matériau nouveau à ces « archives », notamment pour ne rien cacher de la face sombre de l’auteur de L’Appel de Cthulhu : des peurs, une haine et un racisme qui ont nourri son imaginaire mais que l’on ne doit pas, bien sûr, occulter…Nous avons donc droit à une interview, très intéressante, de Gou Tanabe, qui consacre l’essentiel de son travail à l’adaptation de récits de Lovecraft en BD ; à un guide de lecture de l’œuvre de l’Américain ou encore à une interview d’Ian Miller, illustrateur britannique, qui s’est notamment chargé des couvertures des livres de Lovecraft parus en Grande-Bretagne et dont on peut découvrir, en bonus, l’une des rares bandes dessinées qu’il a réalisées, Les chroniques de Tiwag.
Un numéro forcément horrifique et souvent torturé qui ravira les fans de Lovecraft, notamment avec sa magnifique couverture signée Jorg De Vos même si on le trouve, de notre côté, moins enthousiasmant que l’autre « spécial Lovecraft », le numéro 12.
(Mook, 274 pages – Les Humanoïdes associés)



