BD. Avec Le gang de la clef à molette, Betty est l’autre titre paru fin septembre pour inaugurer cette nouvelle collection, collaboration entre le Lombard et Gallmeister. L’un des gros succès (plus de 500000 lecteurs) de la maison d’édition et l’une de ses histoires les plus marquantes. Celle de Betty, donc, « la petite indienne », comme la surnomme son père, un indien Cherokee, car c’est celui de ses 8 enfants qui lui ressemble le plus. Un bonheur pour la petite fille car Landon est un père différent des autres, à l’écoute de la nature, spirituel et poète à ses heures. Une malédiction aussi, car à Breathed, Ohio, dans les années 60, elle est la seule amérindienne et cette différence va bientôt lui faire découvrir la méchanceté et l’intolérance des autres enfants mais aussi des adultes. Mais ce n’est pas la seule menace dont Betty découvre qu’il faut se prémunir : sa mère, psychologiquement instable depuis longtemps, lui annonce le jour de ses 9 ans que son père l’a violée tous les jours ou presque avec l’assentiment de sa mère. Peu après, elle surprend son frère Liland forcer sa sœur Fraya à avoir une relation sexuelle dans la grange…
Un récit particulièrement fort et touchant, qui prend la forme d’une fresque familiale pour mieux montrer les dégâts de la brutalité masculine, du sexisme ou du racisme. Sombre donc, forcément, puisque violence, souffrance et tragédies sont omniprésentes mais lumineuse malgré tout avec la résilience dont fait preuve Betty qui trouve un échappatoire grâce à l’amour et aux encouragements de son père et à l’écriture. Un roman féministe fortement autobiographique (l’autrice s’est inspirée de l’histoire de sa mère Betty pour l’écrire) que Cornette et Causse adaptent parfaitement. Très fidèle au texte d’origine, la narration, classique certes, est cependant d’une grande fluidité et laisse, surtout, toute sa place à l’émotion, omniprésente. Qu’Amélie Causse met en images d’un dessin sensible et très expressif. Une grande réussite !
(Récit complet, 176 pages – Le Lombard)



