UN JOUR, J’ECRIRAI MON NOM (Fabre, d’après Egan)

BD. Comme chaque matin au réveil, le personnage principal du récit découvre qui il est. Un petit coup d’œil à « sa » carte d’identité. : il sera donc Benoît Costille jusqu’à ce qu’il s’endorme et soit quelqu’un d’autre. Aide-soignant : il n’a jamais fait. Il va lui falloir apprendre rapidement, tout comme le fait qu’apparemment, il trompe sa femme. Avec le docteur Lacombe…Plutôt flippant, non ? Après, notre homme est habitué : il vit cela depuis qu’il est né. Pour essayer de rendre les choses un peu moins compliquées, il prend des notes dans un dossier qu’il laisse à la consigne de la gare : il y décrit rapidement qui il a été ce jour-là et il joint une photo de son hôte temporaire. Cela lui fera gagner un peu de temps quand il retrouvera ce corps un peu plus tard…

La préface de Nicolas Martin ? A ne surtout pas lire avant le récit en lui même (tout comme cette chronique d’ailleurs…). Non qu’elle ne soit pas intéressante, au contraire même, mais plutôt parce qu’Un jour, j’écrirai mon nom est le genre d’histoire qu’il faut découvrir sans rien en savoir au préalable, pour garder toute la surprise de la découverte. Car elle repose avant tout sur une idée, assez géniale, il faut l’avouer, celle de l’écrivain australien Greg Egan, développée dans sa nouvelle The safe-deposit box. Clément C. Fabre, qui a adapté la nouvelle en bande dessinée, parsème ensuite cette journée dans la vie jamais monotone de son protagoniste de flash back (dans des tons gris/bleus alors que le reste est en couleur), nous permettant de comprendre ce que vit notre homme depuis sa naissance : l’impossibilité de s’attacher aux êtres, la sensation d’être toujours en décalage avec les autres ou la réalité, le fait de devoir assumer les actes de quelqu’un qu’il n’est pas vraiment et qui l’amènera à prendre une décision aussi étonnante que radicale pour enfin avoir un nom et être quelqu’un…

Un récit fantastique troublant qui aborde des thèmes comme l’identité ou la mémoire même s’il s’avère forcément un peu répétitif par moments, la nouvelle d’origine s’avérant complexe à adapter en BD…

(Récit complet, 128 pages – Dargaud)

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