LES ENFANTS DE LA FOUDRE (Pelot)

ROMAN. 1864, Arkansas. Huckleberry, Marvin, Sumac, Kenneth Dool, Charlie Lake et les autres se sont comme d’habitude donné rendez-vous pour jouer à la guerre dans la forêt, non loin du fortin. Yankees contre Confédérés. Grant contre Lee. Mais quelques minutes plus tard, on ne joue plus ! Quand un groupe de ravageurs -des Bushwackers ? des Jayhawkers ?- débarquent sur leurs chevaux à Jaspiertown, c’est toute la ville qui est à feu et à sang et les enfants n’ont d’autre choix que de fuir la violence de ces hommes sans foi ni loi qui profitent de la guerre de Sécession pour piller, violer et tuer. Après avoir dérivé sur un bateau, ils se retrouvent à Chatook, centre de recrutement sudiste…

Pierre Pelot n’a pas sorti Dylan Stark de sa retraite en 2023 pour rien. Après Loin en amont du ciel, il revient effectivement dans ce nouveau récit, Les Enfants de la foudre, aider ces enfants déboussolés, perdus qu’ils sont dans le chaos de la guerre, ne sachant plus bien pourquoi ils sont là, certains se battant même aux côtés de leurs ennemis déclarés…Clin d’œil à The Red Badge of Courage de Stephen Crane avec ces scènes de batailles hallucinées, le récit, sous la plume ciselée et hypnotique de Pelot (les descriptions fouillées, mettant souvent en exergue odeurs et bruits, concourent, avec leur précision, à rendre la sidération et la confusion des personnages : « Dans cette course, qui était peut-être une fuite, peut-être une course en avant »), pointe du doigt, par l’absurde, la stupidité et la barbarie de la guerre (« Cette soif de gloire patriotique qui confond l’honneur avec la stupidité, j’en ai peur, et l’éducation, ou son manque, j’en ai peur, dans lesquels on les a tenus, ligotés-muselées », lâche Deavers dans une scène). Il nous fait aussi croiser Samuel Langhorne Clemens (qui allait devenir Mark Twain) ou encore Anton Deavers, à la recherche de témoignages sur la vie de l’Ouest américain pour leurs récits pour les journaux, dont Pelot mêle les chroniques à sa narration dans ce qui semble être le dernier tour de piste de Dylan Stark.

Un western sombre, un ton en dessous de Loin en amont du ciel, mais qui reste une diatribe aussi violente qu’efficace contre la guerre et, surtout, les politiciens manipulateurs.

(Récit complet, 250 pages – Gallimard/La Noire)

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