BILLY THE KID (Chenet/Sécheresse)

BD. Billy the kid aurait tué 22 personnes. À la solde de riches éleveurs il aurait fait régner la terreur. Un homme sans foi ni loi, quoi. Tout ça, c’est ce que la légende raconte mais en vérité, on ne sait pas grand-chose du vrai Billy the kid, à part qu’il est mort à 22 ans, mis hors d’état de nuire par Pat Garrett, shériff fédéral. Alors Chenet et Sécheresse ont voulu en savoir plus. Ils se sont plongés dans les archives et le scénariste s’est même rendu au Nouveau-Mexique sur ses traces, histoire de démystifier Billy the kid et de comprendre quelle a été sa trajectoire réelle : pourquoi il a bossé pour untel, est passé par tel bled ou a été accusé de tel meurtre. Et en ont fait un livre. Et ce qu’ils y racontent n’est, d’après eux, pas forcément plus vrai que ce que l’on trouve dans les livres d’histoire mais pas plus faux non plus. On y voit surtout un gamin qui cherche à s’en sortir en trouvant du boulot, obligé de travailler pour des hommes à la morale peu reluisante pour vivre. Un gars qui a des valeurs mais qui subit les événements parce qu’il n’a pas trop le choix. Difficile en effet de refuser un service à ton patron si tu ne veux pas qu’il te vire…Et se retrouve donc au beau milieu d’une guerre commerciale (chacun veut avoir le contrôle de ce qui se vend et s’achète dans le bled…) entre Dolan et le nouveau venu Turnstall où tous les coups sont permis, à Lincoln, Nouveau-Mexique. Et dans cette société très peu égalitaire à la justice aléatoire (les commanditaires et les notables s’en sortent souvent…), cela peut facilement vous mener en prison…Le tout est conté avec beaucoup d’humour et d’ironie par Chenet (il joue souvent sur le décalage entre ce qui est dit et ce qui est montré) qui pointe du doigt l’hypocrisie de la société américaine de l’époque. Aux crayons, Sécheresse est sur la même longueur d’onde, avec un dessin spontané et dynamique, qui penche souvent du côté du burlesque, en couleurs directes, à l’aquarelle. Cela donne un western étonnant qui aborde Billy the kid par le prisme sociologique pour montrer que ce gamin de 22 ans était avant tout le produit de son époque, dure et sans pitié pour les petites gens. Divertissant et critique à la fois !

(Récit complet, 230 pages – Casterman)

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