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BUG Livre 4 (Bilal)

BD. Kameron Obb, l’homme le plus recherché depuis qu’il est devenu l’unique réceptacle de la mémoire du monde à la suite du bug informatique gigantesque que la Terre a connu, s’est réfugié sur l’île de Lampedusa. Alors que Gemma et les émissaires de la présidente française mais aussi Staller (contraction de Staline et Hitler) et ses sbires, Marxoe et les néomarxistes progressistes de Nataly Ann-Tverdokhleb ou encore les représentants du mouvement tri-confessionnel Deus Renewal Order, s’y dirigent, Obb semble sombrer dans la folie. Au même moment, des attaques terroristes numériques sèment la mort et le chaos partout en Europe…

Le thriller d’anticipation (forcément singulier quand on connaît le travail de notre homme), en forme d’alerte face à notre dépendance de plus en plus grande au numérique et aux dangers d’une mémoire historique défaillante (d’où la résurgence de courants politiques extrémistes dans Bug), de Bilal prend un nouveau tour avec ce livre 4. Alors que tous les mouvements politiques et religieux, avec notamment ce courant tri-confessionnel chrétien/ musulman/juif plutôt bien vu, entendent mettre la main sur Obb pour tirer profit de sa puissance mémorielle, c’est à une lutte entre le bien et le mal au sein de son cerveau même que l’on assiste ici, alors que des événements surréalistes (le sous-marin d’Obb qui plane dans les airs, par exemple…) se passent à l’extérieur. Comme à son habitude depuis quelque temps (il avait déjà utilisé le même procédé pour sa série Monstre), Bilal mêle articles de journaux et cases d’art abstrait à sa narration pour mieux rendre compte des événements chaotiques à l’œuvre dans Bug qu’il met en image avec sa virtuosité habituelle, fruit d’un mélange de différentes techniques (crayons, fusains, peinture…). Et de ce bleu envoûtant (le bleu Bilal?) présent en filigrane. Un livre 4 dans lequel l’humour, bien moins présent que dans les tomes précédents, laisse la place à l’irréel (des murènes bleues qui volent, un sous-marin qui plane…) pour mieux montrer que les choses échappent aux humains. On s’approche en tout cas de la conclusion de ce récit habile et inspiré. Ce sera avec le prochain livre…

(Série en 5 tomes de 80 pages – Casterman)

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