BD. Weekly, compagnon du célèbre privé Blacksad, est l’un des personnages incontournables de la série du même nom, qui ne serait clairement pas la même sans la gouaille de cet expert fouineur…Pourtant, on ne sait finalement pas grand chose de sa famille et de son enfance. Diaz Canales et Juanjo Guarnido ont donc eu l’idée (bonne…) d’un spin off qui mettrait un coup de projecteur sur ce personnage savoureux, mais en décidant d’en confier le dessin à quelqu’un d’autre, l’italien Giovanni Rigano. Disons le tout de go, Weekly, qui sort dans une série parallèle baptisée Blacksad stories, ce qui peut faire penser qu’il pourrait y avoir d’autres coups de projecteurs sur des personnages de la série mère, ravira les fans de Blacksad, puisqu’on y retrouve ce mélange bien dosé, auquel Guarnido et Diaz Canales nous ont habitués, de polar, de roman noir et d’humour, habilement ancré dans le réel puisqu’il est ici question de pogroms juifs en Russie (ce qui a obligé la famille de Weekly à immigrer aux États-Unis), de meurtres perpétrés pendant la seconde guerre mondiale, mais aussi de puritanisme américain à une époque où (et le clin d’œil est très bien venu) les comics devaient accepter de se conformer à un code (pas de sexe, pas de violence…), bref à la censure, pour pouvoir continuer à paraître.
On suit donc ici les premiers pas de Weekly, qui s’appelle alors Dustin Kalisnowszczyzna (on comprend mieux pourquoi son employeur lui a demandé de se trouver un pseudo…), dans la vie active. Compliqués car sa grand-mère, qui l’élève, s’est fixée comme mission de faire de lui quelqu’un de bien avant de mourir. Et comme elle est très croyante, cela signifie arrêter de lire des BDs et gagner sa vie honnêtement (il se faisait jusque là pas mal d’argent en revendant des informations concernant les opérations du commissariat à un journaliste…) en travaillant pour le mari de la pasteur, madame Lubansky, qui est thanatopracteur. Ce qui va le conduire à découvrir les petits secrets, bien sordides (il y a quelques cadavres dans le placard, forcément…), de son employeur…
Un scénario inspiré, rondement mené comme à son habitude par Diaz Canales, que Rigano met en image avec intelligence : dans un style proche de celui de Guarnido (lui aussi nous gratifie de quelques trognes savoureuses, comme l’éditeur à tête de volatile ou le commissaire imaginé en chien, probablement pour le côté limier…) tout en gardant de la personnalité. Un one shot bien sympa !
(Récit complet, 64 pages – Dargaud)