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CHEYENNE (Prugne)

BD. Prugne avait quitté l’Amérique du Nord pour une balade en Normandie (en compagnie de Rodolphe) dans son dernier récit Ecoute s’il pleut. Mais la pause n’aura pas duré très longtemps et il revient déjà à ses amours amérindiennes. Chassez le naturel et il revient au galop, comme on dit… Cette fois, il revisite un épisode noir de l’histoire des États-Unis : le massacre de Sand Creek.

Nous sommes en 1864. Malgré les traités signés avec les grands chefs indiens, colons et chercheurs d’or continuent de traverser et même de s’installer sur les territoires amérindiens, notamment ceux des Cheyennes, provoquant de nombreux incidents dans ces plaines de l’Ouest. Craignant une escalade de la violence, le Major Wyncoop, qui dirige le fort Lyon, décide d’aller à la rencontre de Black Kettle et White Antelope, les chefs de la tribu Cheyenne, pour les assurer de son soutien et leur demander d’appeler leurs jeunes guerriers au calme. Mais au même moment le gouverneur autorise le colonel Chivington à lever un régiment de volontaires pour ramener l’ordre sur la frontière…

Prugne livre un récit très respectueux des faits historiques mais pour incarner cette histoire il imagine les motivations, attitudes et états d’âme de certains de ses protagonistes à travers lesquels l’auteur nous les fait vivre, notamment 2 frères métis, George et Charley Bent, que la haine des blancs va aider à choisir leur camp ; William, leur père , qui va jouer le rôle d’interprète pour Wyncoop ou encore une famille tout juste débarquée de Normandie (probablement pour un petit clin d’œil à Ecoute s’il pleut) qui fait route vers l’Ouest en carriole. A la narration sobre (Prugne laisse les faits parler d’eux-mêmes) qui rappelle néanmoins clairement (l’auteur inclut, à la fin de l’histoire, des citations célèbres de chef amérindiens -« Comment peut-on acheter et vendre le ciel ou la chaleur de la terre ? », Chef Seattle- pour enfoncer le clou) le mensonge, la trahison et le véritable génocide sur lesquels les Etats-Unis se sont construits. Toujours porté par ces magnifiques aquarelles, véritable signature graphique de l’auteur, dont on ne se lasse pas.

(Récit complet, 96 pages – Daniel Maghen)

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