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COMANCHE TRAIL (Rossi)

BD. Après avoir quitté la réserve que les autorités américaines leur ont imposée, un groupe de Cheyennes mené par leur shaman s’approche d’un campement d’une tribu Numunu. Ils espèrent que son chef, Quanah, qui s’est marié avec Petal, la soeur de certains des leurs, leur offrira l’hospitalité. Mais quand ils arrivent, ils découvrent une femme humiliée et mutilée (il lui a coupé le nez…) pour l’avoir trompé. À la nuit tombée, les Cheyennes décident de s’enfuir avec Petal pour la soustraire à son mari, bien qu’ils sachent que cela va provoquer le courroux de Quanah. Dans leur fuite, ils vont bientôt rencontrer Woan, obligé de grandir seul, loin des siens, après sa faute (son jeune compagnon de chasse est mort à cause de son insouciance), qui part retrouver les siens…

Après des récits courts dans les séries Go West Young Man ou Indians, menées par Tiburce Oger et son one shot Golden West, Christian Rossi reste dans l’univers western avec Comanche trail. Dans lequel on recroise d’ailleurs Woan, le personnage principal de Golden west, cet ado comanche banni de sa tribu pour avoir mis les siens en danger. Pour une plongée totale dans le monde amérindien ! Son scénario solide, bâti autour de 2 arcs narratifs (le long chemin de Woan pour retrouver les siens après son bannissement, d’un côté et la querelle entre Petal et son mari et ses conséquences, de l’autre) amenés à se rejoindre, est en effet l’occasion pour l’auteur de nous faire découvrir les us et coutumes des premières nations d’Amérique : leurs croyances et superstitions, leur relation à la nature et aux animaux (omniprésents dans le récit), leur code d’honneur, les relations hommes-femmes ou encore le rôle des shamans et de la magie. Visiblement très documenté, l’histoire est parfaitement crédible et les personnages, ainsi que leurs réactions, sonnent justes. L’utilisation du fantastique, magie amérindienne oblige, est bien sentie aussi. Quant au dessin, il est toujours aussi réussi, le trait délicat au pinceau de Rossi (rehaussé de peinture dans des tons souvent pastel magnifique) restituant parfaitement la lumière écrasante du sud des Etats-Unis. Une immersion en territoire Numunu aussi brutale que réaliste. Très recommandée !

(Récit complet, 128 pages – Casterman)

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