BD. Depuis qu’ils ont été séparés, Fleur s’en sort plutôt bien. Mais elle a dû s’endurcir et vite. Car dans ce monde, pour survivre, il ne faut pas faire de sentiments. Surtout lorsqu’on est une jolie fille seule. Elle a donc déjà tué pas mal de monde pour éviter qu’on ne lui fasse du mal ou qu’on ne vole sa Jeep. De son côté, son père, Martin, a été « réquisitionné » par une milliardaire qui vit dans une villa et l’y garde prisonnier pour qu’il lui donne du plaisir quand elle le désire. Dans un autre monde (en tout cas c’est ce qu’ils pensent), Jo veut en avoir le cœur net : il lui faut découvrir ce que le gouvernement leur cache et vérifier s’il y a bien autre chose qui existe derrière le mur…
Soyons francs : on ne sait pas où Léo et Rodolphe nous emmènent mais on les suit, avec le sourire, ravis d’être pris au piège de leur labyrinthe narratif mystérieux. Bien sûr, les 2 scénaristes ont pris soin de livrer, ici ou là, quelques révélations qui nous mettent sur la piste d’une manipulation de grande envergure au niveau gouvernemental (et qui rappellera d’ailleurs d’autres séries des deux hommes, comme Centaurus ou Ter) mais nombre de zones d’ombre demeurent. Comme l’endroit où Fleur et Martin doivent se rendre. Pourquoi et comment notre monde a versé dans le chaos. Quelles raisons poussent le gouvernement à garder « sous cloche » Ted, Jo et les habitants de leur ville. Ou encore pourquoi Fleur et Jo parviennent à se rencontrer dans leurs rêves alors qu’ils appartiennent apriori à des mondes différents. Nul doute que l’on en apprendra davantage dans le prochain tome, d’autant que les trajectoires de Fleur et Martin et de Jo et Ted, jusqu’ici racontées en parallèle, devraient bientôt se rejoindre. Un récit post-apocalyptique teinté de complotisme et de manipulation mené de main de maître par Léo et Rodolphe et qu’Alloing met en images d’un trait ligne clair agréable et fluide mais qui manque peut-être d’un peu de mystère. C’est le seul (petit) bémol que l’on peut trouver à la série, très efficace pour le moment.
(Série en 5 tomes de 48 pages chacun – Delcourt)



