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GUNNAR LE VAMPIRE (Dumontheuil)

BD. Couturier de renom, Gunnar Gunnarson a réussi à très bien s’intégrer dans le village bourguignon où il a élu domicile. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Non pas parce que Gunnar est suédois, mais plutôt parce que c’est un vampire…Un vampire qui fait tout pour vivre une vie normale, comme les autres : il a un métier, mange du charbon pour pouvoir tolérer la lumière et vivre le jour, ne mord pas d’êtres humains et est même marié à Marthe, une mortelle de quatre-vingt-un ans qui n’est plus en très grande forme d’ailleurs…Et ça, Gunnar, ça commence à le miner, de voir ceux qu’il aime partir. La faute à son immortalité qui commence, du coup, à lui peser…

Après avoir passé une bonne partie de sa carrière chez Futuropolis (même s’il y avait déjà eu une petite infidélité éditoriale avec le très bon L’Impudence des chiens, avec Ducoudray au scénario, chez Delcourt), voilà que Dumontheuil débarque chez Dupuis, dans l’iconique collection Aire Libre, avec un pavé de 270 pages, rien que ça ! Une histoire d’amour qui prend l’apparence d’une comédie de moeurs, comme Dumontheuil en a le secret. Car contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’immortalité de Gunnar (et, finalement, ce qu’il est : un vampire) est une malédiction qui l’empêche de vivre les choses et la vie aussi intensément que les autres et, surtout, que Marthe, la « femme qu’il a le plus aimée » au cours de ses 600 années d’existence…Voilà pourquoi Gunnar fait tout ce qu’il peut pour changer et faire oublier sa condition.

Si Dumontheuil a choisi la figure, presque éternelle, du vampire, c’est donc pour nous parler de la vie et de la mort, mais aussi de différence (malgré tous ses efforts, il reste le vampire et on le lui rappelle au moindre incident…) et de tolérance. Avec sa verve et sa loufoquerie habituelles. Car comme à son habitude, l’auteur a créé une galerie de personnages (qui lui permet de brosser un portrait assez mordant du monde rural) haut en couleurs qui gravitent autour de son héros torturé : du curé tolérant à la jeune fille attirée par les Ténèbres en passant par Gunnel, la sœur jumelle de Gunnar, qui assume, elle, totalement son côté sombre…

Un récit truculent, à la fois délirant et touchant, une nouvelle fois magnifiquement dessiné, (Dumontheuil met en scène ce petit théâtre d’un trait aussi naturel que sûr) avec un travail sur la couleur particulier (chaque scène est traitée dans une teinte monochrome : Bleue, jaune, rose…) signé Isabelle Merlet très remarqué.

(Récit complet, 272 pages – Aire libre/Dupuis)

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