BD. Joël Alessandra se trouve à Charleville-Mézières, au Vieux moulin, où il prépare une exposition de ses aquarelles et autres dessins. Il est logé en face, dans l’autre partie du musée Rimbaud, dans une maison où vécut le poète. La nuit, après qu’il ait lu Lettres du Harar, Rimbaud vient lui parler dans son sommeil et l’exhorte à partir à la recherche d’un poème qu’il aurait écrit pour Mariam, sa compagne pendant quelque temps, là-bas, en Afrique de l’est mais dont on n’a jamais retrouvé la trace…Au réveil, c’est décidé, Alessandra partira sur les traces de Rimbaud en Egypte, Abyssinie, Yémen…Quand le poète avait décidé de quitter la poésie et la France pour le commerce et l’ailleurs. Façon aussi, peut-être, de mettre de la distance avec sa femme avec qui Alessandra vient tout juste de rompre…
Joël Alessandra aime, de temps à autres, réaliser des récits hybrides et poétiques, en un mot inclassables. Je est un autre appartient à cette catégorie. Car après quoi court réellement l’auteur ici? Croit-il vraiment retrouver la trace des derniers vers du poète presque 140 ans plus tard ? Non, s’il se met dans les pas de Rimbaud, il le découvrira en cours de route, c’est pour oublier et voyager, activité à laquelle il se livre toujours volontiers, revoir Djibouti aussi où il avait vécu et peut-être trouver « sa » Mariam…
Une rêverie poétique (comme toujours avec Alessandra) magnifiquement aquarellée, à la mise en page très libre façon carnet de voyage (croquis sur le vif au feutre côtoient des aquarelles très abouties, des photos et des vers du poète), qui est en tout cas l’occasion d’évoquer, joliment, Rimbaud et sa vie après la poésie. Compliqué car il faut négocier avec les différents gouverneurs africains et composer avec la chaleur et, parfois, la maladie. Ainsi que l’Afrique, si chère au cœur d’Alessandra et…de Rimbaud !
(Récit complet, 160 pages – Editions Daniel Maghen)



