BD. 1 mai 68. Alors que le mouvement d’extrême-droite Occident annonce un meeting à l’université de Nanterre pour le 3, des militants d’extrême gauche occupent le campus pour empêcher sa tenue. Le lendemain, un incendie criminel éclate à la Sorbonne. La police intervient ensuite à Nanterre, obligeant les étudiants à se barricader. Ensuite, les événements s’accélèrent et bientôt les pavés commencent à voler et les premières barricades sont érigées dans le quartier latin. Les villages de Laroque et Castelnau ne veulent pas être en reste : les rugbymen, qui en ont assez des méthodes traditionalistes de leurs entraîneurs (le curé et Amadieu), inventent le rugby situationniste et Éric et le Parti communiste poussent pour que les ouvriers fassent grève à la briqueterie de son beau-père… Troisième et dernier tome de cette mini-série qui met en scène avec tendresse (les auteurs savent y faire pour rendre leurs personnages attachants…, même les tenants de l’ordre ancien comme le curé ou Amadieu) et talent (notamment pour mêler destin national et trajectoires individuelles), les désirs d’émancipation de la jeunesse, des femmes mais aussi des ouvriers et des paysans dans cette France provinciale, pourtant loin de Paris, de la fin des années 60. Et on retrouve donc avec plaisir le couple Eric et Monique qui attend l’arrivée de leur enfant ; Yveline, qui découvre les discours revendicatifs des organisations d’extrême gauche ou le situationnisme à la faculté de Nanterre ou encore le truculent duo formé par Jacques-Henri, le Marquis, et Miltiade, le cordonnier d’origine grec à qui il a proposé de s’installer dans son manoir après son AVC. Sans oublier, bien sûr, ce qui fait l’une des particularités de Les Vents ovales : la culture du rugby omniprésente dans cette région du sud-ouest. Notamment parce que le dessin de Horne, très agréable, porte avec justesse ce récit, dépeignant un monde qui change et qui nous parle, chemin faisant, de droit à l’avortement (Monique et Yveline tombent enceintes sans le vouloir, faute de contraception), de liberté ou de justice sociale. Une très belle conclusion pour cette série en tous points réussi !
(Série en 3 tomes, 136 pages pour ce dernier épisode – Dupuis)



