MAMIE LUGER 2. L’amour aux trousses (Kéramidas, d’après Philippon)

BD. Berthe est toujours en garde à vue. La centenaire continue en effet de raconter son histoire à l’inspecteur Ventura, qui hésite entre compassion et horreur. D’un autre côté, il faut bien qu’elle explique la présence de 7 cadavres dans sa cave…Car après son premier mari violent et le nazi violeur, Berthe ne s’est pas arrêtée là. Il faut dire qu’elle a eu le tort de croire en l’amour et les hommes qu’elle a rencontrés, à part peut être Luther, le GI obligé de repartir chez lui en Louisiane, ne voyaient pas vraiment l’amour comme elle…

Kéramidas poursuit son adaptation du roman de Benoît Philippon avec un tome 2 toujours aussi inspiré et ce ton, entre gravité et humour déjanté, qui fait tout son sel. Car oui, Mamie Luger a tué un bon paquet d’hommes, mais si elle voulait « protéger sa culotte », comme elle dit, et sa vie, elle n’avait pas vraiment le choix. Quand on était une femme seule il y a 80 ans, on ne pouvait pas vraiment compter sur la justice pour être défendue, alors il fallait s’en charger soi même. C’est ce que Berthe tente de faire comprendre avec sa gouaille habituelle, ponctuant son récit de quelques punchlines hilarantes, comme quand elle lâche : « Tout ça car il a pas voulu m’lécher » devant la tombe fraîchement recouverte de Marcel, l’un de ses maris…

Un polar féministe (peu d’hommes trouvent grâce aux yeux de Philippon ici…) que Kéramidas met en images avec fougue et gourmandise d’un trait comique direct et spontané, sans fioritures, qui souligne parfaitement le côté déjanté et même parfois burlesque du texte d’origine, et parvient à nous faire rire de choses horribles. Réjouissant !

(Série en 3 tomes de 88 pages – Casterman)

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