BD. Charlie travaille à la radio 89.9 de Burns Bay qui retransmet les chants d’oiseaux de la réserve de Santa Cecilia. Fan de rock et de blues, elle en profite pour passer ses morceaux préférés, des vinyles rares dénichés chez le vieux Lesniak, tous les soirs. Un jour, la fréquence est piratée et le son d’une murder ballad de Grant Remington retentit. Un morceau enregistré dans les années 70 pour Fat Racoon Records qui n’est jamais sorti, enseveli dans les décombres du magasin lors d’un tremblement de terre. Charlie se lance alors sur la piste de ce titre devenu mythique pour les connaisseurs…
Avec cette murder ballad (des histoires de meurtres popularisées aux États-Unis par la folk, la country ou le blues qu’Alan Lomax avait documentées, en les enregistrant, lors de son tour des Etats-Unis), Pegon laisse libre cours à sa passion pour la musique dans son nouveau récit. Une enquête, celle de Charlie, qui nous plonge dans une Amérique dérangée où l’on croise losers accro à l’herbe dans leurs trailers, sectes complètement cintrées (oui, je sais, c’est un pléonasme…) sous hallucinogènes et goélands qui tombent du ciel. Dont la singularité est encore soulignée par la narration éclatée de Pegon, différentes temporalités (le présent de narration de l’enquête mais aussi une scène de fouilles archéologiques dans le futur, des flash-back nous permettant de comprendre comment Grant Remington, illustre inconnu, finit par enregistrer The Ballad of Harvey 99 pour Fat Racoon Records ou encore l’Harvey de la chanson qui raconte son histoire) se télescopant pour obliger le lecteur à remettre toutes les pièces de ce puzzle narratif ingénieux dans l’ordre. Un récit sombre, en forme de mise en abîme, qui sort clairement des sentiers battus de la BD mis en image par le dessin sobre et élégant de Pegon. A lire en écoutant le morceau de Grant Sabin (via un QR code) offert en bonus à la fin du livre !
(Récit complet, 200 pages – Denoël graphic)



