BD. Milan, 1996. Benedetta a été convoquée par Santina. Elle veut l’entendre sur les événements de Vergiate. Car plus de 60 ans après, l’affaire reste floue et certains de ses aspects inexpliqués. Il faut dire que personne n’était préparé à la visite de cet Ovni extra-terrestre en 1933…Et si les soldats du Duce n’avaient pas tué ses occupants, ils auraient certainement su ce que les aliens venaient faire sur Terre. Mais ce qui intéressait davantage les fascistes, c’était le pouvoir de ce prisme qu’ils avaient amené avec eux. Un pouvoir qui, s’ils parvenaient à le contrôler, pouvait devenir une arme de destruction décisive à l’aube de cette guerre qui se profilait…Voilà pourquoi certains, comme Santina ou Aurelio, ont œuvré dans l’ombre pour contrecarrer les projets des fascistes. Alors que d’autres, à la solde des allemands, espionnaient pour les tenir au courant de l’avancée des recherches sur le « rayon de la mort » dans la Section de Recherches Spéciales…
Voilà un récit d’espionnage fort déroutant ! Car il donne finalement plus d’importance aux relations humaines (plusieurs couples -Fernandino/Attilio, Benedetta/Aurélio ou encore Marconi/Santina et leur histoire influent sur l’histoire) et aux choix (privilégier sa carrière ou rester fidèle à celui/celle que l’on aime est le dilemme auquel Fernandino est par exemple confronté) que l’on doit faire qu’à l’intrigue elle-même et à ses circonvolutions (qui restent un peu confuses d’ailleurs…). Et qui est porté par un travail graphique très original. L’œuvre d’un jeune auteur, Miguel Vila, qui livre, pour son premier livre pour Sarbacane, un découpage très original. Influencé par le travail de Chris Ware, l’italien propose ainsi des cases de formats très différents, la plupart du temps nombreuses, les très petites lui permettant souvent de zoomer sur un détail ou un visage, organisées à chaque fois différemment suivant les pages et les scènes. Une grammaire qui, alliée aux tons roses utilisés, s’avère étonnante et singulière mais qui ne parvient malheureusement pas à pallier totalement le manque de clarté de certains aspects du scénario. Du coup, au final, on garde une impression mitigée une fois la dernière page de La Forteresse volante tournée.
(Récit complet, 208 pages – Sarbacane)



