BD. Pendant que Jeannes accueille les gendarmes venus la chasser de sa maison flottante avec une tisane aux vertus « décontractantes » dont elle le secret, Hans et son frère partent précipitamment de la zone d’habitats flottants de l’estuaire nord où Hans avait fait la connaissance d’une belle jeune fille pour aller porter secours à un garçon qui dérive dans le courant sur une bouée. Quant à Vinee, son séjour chez Saphia lui fait comprendre qu’il est temps pour elle d’arrêter de vouloir couvrir son père dans ses opérations de sabotage et de trouver sa propre voie…
Benjamin Flao aura finalement mis 4 ans pour parvenir à s’extirper des méandres de son récit aquatique et clore L’âge d’eau. Il faut dire qu’il s’est lancé dans un récit singulier, sorte de rêverie humaniste et poétique qui suit la trajectoire des membres d’une même famille (de la grand-mère Jeannes aux deux frères Hans et Gorza en passant par Vinee, la petite-fille) dans une France submergée par une montée des eaux aussi violente que soudaine. Mais en colère aussi contre des humains incapables de changer de mode de vie pour protéger leur planète. Et critique envers une société devenue standardisée et formatée, à l’image de ces zones d’habitats flottants que l’état veut évacuer pour éviter tout risque sanitaire (toute ressemblance avec ce que l’on a vécu pendant la pandémie n’est bien sûr pas fortuit…). Qui ne laisse cependant que peu de place aux rêveurs de tout poil pour trouver une voie différente…
Avec ce diptyque original (le narrateur est un chien bleu philosophe à ses heures, par exemple) porté par un trait spontané très vivant et une narration parfois onirique (les rêves y sont omniprésents), Flao, qui se définit volontiers comme un écolo-libertaire, prouve en tout cas ici qu’en BD c’est possible…
(Récit en deux parties, 176 pages – Futuropolis)



