BD. Madeleine Riffaud est morte à l’âge de 100 ans, le 6 novembre 2024. Et quoi de mieux pour lui rendre hommage que ce quatrième tome de Madeleine, résistante ? Car L’Ange exterminateur montre une nouvelle fois tout le courage dont elle fit preuve, mais aussi les responsabilités qu’elle endossa, avec caractère, à la tête de la Saint-Just, section des F.F.I. qui œuvra à la libération de Paris, notamment les derniers jours d’août 44, lorsqu’il fallut reprendre les dernières poches contrôlées par les allemands, comme la place de la République, au péril de la vie de ses membres. Comme Tagrine, qui tomba, dans les derniers instants, aux côtés de son ami Lautrec, sous les balles dum-dum d’un sniper allemand alors que les nazis venaient de se rendre…Il le fait, comme à l’accoutumée, par chapitres de 10-15 pages, entrecoupés, parfois, de poèmes de Riffaud, comme des souvenirs, qui chacun se focalise sur un moment fort que Madeleine Riffaud, alias lieutenant Rainer, a vécu lors de ces mois passés à combattre au sein de la résistance française. Avec précision et surtout honnêteté, ne cachant rien des doutes, des erreurs ou des moments difficiles qui ont pu habiter la jeune femme, donnant, du coup, encore plus de force au récit. Une fois de plus admirablement mis en image par Bertail, dont le trait montre encore beaucoup de justesse. Rehaussé de dégradés de bleus aquaréllés. Un dernier tome de nouveau fort. Émouvant aussi. Pour Madeleine, qui doit reprendre une vie normale après l’exaltation, la folie de ces mois de guerre. Pour les auteurs, aussi, qui ont eu, semble t-il, du mal, s’il on en juge par les bonus (l’oraison funèbre prononcée par Elisabeth Helfer-Aubrac en hommage à Madeleine Riffaud, une nouvelle tirée d’un poème que notre femme écrivit à 8 ans ou encore, entre autres, des photos) proposés en postface qui prolongent le récit, à clore ce premier cycle. Et enfin pour les lecteurs, groggys, une fois la dernière page de ce tome 4 tournée. Mais la bonne nouvelle, c’est que la vie de résistante de Madeleine Riffaud ne s’est pas arrêtée là puisqu’elle est ensuite devenue, notamment, reporter de guerre, pour continuer à lutter pour la liberté en dénonçant le colonialisme lors de la guerre d’Algérie ou au Vietnam. C’est ce que les prochains tomes de cette grande série s’attacheront à mettre en lumière !
(Série. Premier cycle en 4 tomes, 128 pages pour ce tome 4 – Aire libre/Dupuis)



