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| HOOVER
+ HAYMARKET RIOT + BULLET UNION + THIS AIN'T VEGAS |
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Puisque Hoover n'était jamais passé en France de son vivant (1992-1994), nous nous attendions à ce que le quatuor de Washington DC n'en fasse pas plus lors de sa reformation. Qu'à cela ne tienne, au vu de l'affiche prévue à Londres, nous nous décidons de remettre à jours quelques vieux souvenirs et partons pour la ville des Clash et des Sex Pistols. Arrivés à l'heure devant le club, nous constatons que nous sommes quasi seuls et que les portes ne sont pas encore ouvertes. Nous revenons après un passage au pub voisin ; une petite vingtaine de personnes attendent dispersées dans ce petit club londonien. Incroyable ! Nous qui pensions qu'une telle affiche attirerait les foules, nous restons perplexes.
La salle se remplit difficilement quand les locaux de This Ain't Vegas montent sur scène. L'exercice est périlleux : la fosse est quasi vide, et l'ambiance n'est guère plus chaude que les températures hivernales de l'extérieure. C'est peut-être ce qui expliquera un set mitigé qui aura du mal à convaincre. Pourtant sur disque, le groupe propose un bon mélange de post-punk et d'emo, mais ce soir, les jeunes anglais ne tiennent pas la scène. Manque de charisme provoquant une ambiguïté entre timidité exacerbée et jeu de scène forcé ; malheureusement, le son n'aidant pas, nous resteront définitivement sur notre faim. Dommage. Heureusement, c'est ensuite au tour de Bullet Union de dévoiler son jeu. Nous découvrons le groupe pour la première fois, sans a priori. 2 guitaristes, une bassiste et un batteur qui semblent, avant même avoir branché leurs instruments, plus à l'aise que les jeunes de This Ain't Vegas. Premier accord plaqué et voilà que le rouleau compresseur se met en action : ces gars là ont la classe et la puissance pour vous mettre sur les genoux. La salle s'est encore remplit et la musique du groupe fait son effet. Une énergie brute qui n'est pas sans rappeler Hot Snakes, voir Drive Like Jehu quand le second guitariste transforme ses accords en arpèges dissonants. Le mélange idéal entre la furie et la finesse sur fond de rythmes de batterie hachées, minimalistes mais envoyant l'énergie comme les meilleurs groupes hardcore ou screamo. Bref, la première claque de la soirée. Chapeau bas.
La fosse est enfin quasi-remplit quand les premières stars de la soirée entrent en action. Il s'agit de Haymarket Riot et beaucoup de gens dans l'assemblée semblent les attendre. Malheureusement leur line-up a encore changé par rapport à ce que je connaissais d'eux, et leur emo d'inspiration Fugazi a laissé la place à un show rodé à l'américaine, esprit gros riffs de guitare, mélodies faciles et batterie balourde. Le public est entièrement dévoué à leur cause, alors que je m'ennuie profondément. Le batteur m'insupporte avec ces aires d'anciens hardos, son jeu plat et son envie incessante de cracher sur son guitariste / chanteur. Rien ne me tient en éveil, nous sommes sur une autoroute musicale, sans virage ni croisement ; c'en est trop, je pars voir les stands des groupes… |
Le set d'Haymarket Riot durera encore longtemps mais finira par prendre fin, pour enfin laisser la place aux stars de la soirée : Hoover. Le groupe part avec un parterre de fans convaincus d'avance. Le quatuor de Washington DC fait office pour beaucoup de groupe culte, au même titre que Fugazi (leur père) ou Drive Like Jehu (leurs cousins). Certes, sur scène, la moyenne d'âge est montée avec l'arrivée d'Hoover, mais on sent que derrière une aisance quasi désinvolte de vieux routards, les gars ne sont pas là pour faire les pantins. On sent la tension montée pendant que les enceintes envoient du dub pur jus pour faire patienter. Le premier morceau démarre, il s'agit de la version maxi de Electrolux me semble-t-il. Basse ronde quasi-dub justement, tenue par un Fred Erskine en pleine forme, sautillant avec une joie communicante ; à sa droite, complice, Chris Farrall, le batteur, discret et magnifique l'accompagne. Devant, Alex Dunham, brosse courte, t-shirt serré, myope comme une taupe, bidouille son ampli, empêtré dans des problèmes de son, tandis que Joseph P. Mcredmond, second guitariste, se tient majestueusement, lançant ses arpèges démoniaques avec une dextérité parfaite. Les morceaux s'enchaînent sans le moindre accro ; C'est incroyable, les titres rappellent le disque au larsen prêt, mais avec l'émotion en plus. L'énervement d'Alex, toujours gêné par le son, apporte la tension qu'il manque aux trois autres. Chaque membre du groupe, à l'exception du batteur, pose son chant sur les morceaux à tour de rôle. C'est une surprise pour moi, pourtant fan de la première heure. Par exemple, Fred Erskine chante quasiment plus qu'Alex Dunham, ou au moins autant. Leur voix sont toujours à la limite, surtout Erskine, mais c'est ce qui fait le charme du groupe. Au final, le groupe jouera une bonne heure en passant en revu la plupart des titres du maxi sorti sur Slowdime après leur séparation, ainsi qu'une bonne partie de "The Lurid traversal of route 7". Malheureusement, le groupe ne jouera pas la carte de la violence renfermée et juvénile, pourtant base du son Hoover. Pas d'explosion de rage, et je ne pourrais que regretter de ne pas avoir enfin entendu "Private" en live ! Tant pis, le concert fut tout de même exceptionnel, malgré ces quelques manques. Les quatre de Washington l'ont joué classe et simple, et le public n'en demande pas plus. Les applaudissements en disent long. Alex et Joseph viennent discuter avec le public. C'est toujours agréable. Malheureusement, quelques échanges de mots me feront prendre conscience que cette reformation risque d'être bien éphémère. Les gars semblent dorénavant évoluer dans d'autres sphères, ne tripant par forcément sur les mêmes choses… Cela s'est senti, malheureusement. Reste cependant un souvenir merveilleux d'avoir enfin pu mettre une prestation scénique sur l'un des meilleurs groupe de punk émotionnel sorti à ce jour.
Merci à Guiom P. pour son téléphone portable qui a permis de prendre ces quelques photos ! |
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