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METAL HURLANT Numéro 17 : L’Hôtel de la dernière nuit

MOOK. Après 17 numéros et quelques hors séries, une constatation s’impose : Métal Hurlant n’est jamais aussi inspiré que quand il propose des thématiques flippantes. Comme avec le spécial Lovecraft (l’équipe Métal ne s’y est d’ailleurs pas trompée puisque l’auteur britannique inspirera, de nouveau, un prochain numéro « vintage ») paru il y a un peu plus d’un an. C’est une nouvelle fois le cas de ce numéro 17, qui tourne, comme son titre l’indique, autour des hôtels. Sortes de monde parallèle, les hôtels ont alimenté tous les fantasmes, au cinéma, dans la littérature et donc en BD avec cette collection d’histoires courtes estampillées Métal. Parmi lesquelles on retrouve avec plaisir Panaccione qui poursuit, dans Hôtel paradis (qui raconte la rencontre « programmée » de deux hommes…dans un hôtel bien sûr), dans la veine mystico-fantastique de ses derniers récits comme La Petite lumière. Scoffoni (dont on avait bien aimé la trilogie EXO), qui livre ici, et c’est notamment pour cela que l’on aime Métal qui offre une vraie aire de liberté à ses auteurs, son premier scénario, déroutant, avec cette opération chirurgicale étonnante que l’on suit en direct. Toulhoat et son dessin toujours aussi chouette (même si le scénario de Claudel est un peu convenu). Miguel Vila et son découpage singulier influencé par Chris Ware, dans Le Petit homme de Prague.

Un bon numéro de Métal, ce sont aussi des découvertes. Ici, la fratrie Asisi avec l’étrange et paranoïaque Otto. Jacques Després avec un étonnant Yomi motel, que ce soit visuellement, avec ce noir et blanc numérique envoûtant, ou narrativement. La course-poursuite singulière entre un officier de police et un suspect dans Villa Castagnola de Paval et Noirel. Mangold et Francisco, dont la conclusion de Vénus vous file un bon uppercut narratif. Ou encore Bye bye planète poussière qui touche avec sa mélancolie. Mais Métal, ce n’est pas que des récits, vous le savez. Dans ce numéro 17, Bilal revient, par exemple, sur la genèse et ses visées artistiques dans Bunker palace hotel, film qu’il réalisa en 1989. On a aussi droit à un beau portrait de Winschluss, qui joua dans le groupe Shunatao et à qui l’on doit les excellentes BD Pinocchio ou J’ai tué le soleil. Une interview d’Urasawa, mangaka auteur de Monster ou Twentieth century boys, qui confie son goût pour la France ou l’importance de Moebius sur son travail. Ou encore le séjour de Peckinpah au Murray hotel de Livington, Montana. Sans oublier, bien entendu, les rubriques habituelles comme le Mange livres. Bref, un très bon numéro, l’un des tout meilleurs depuis la renaissance du magazine !

(Mook, 274 pages – Les Humanoïdes Associés)

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