(Chato d'O — Blois — Vendredi 15 avril 2005)

Texte : ChRisA
Photos : Kiba (site)


epileptic

La salle. L'affiche. Les amis. Revoir Poney Club et Karate...il ne m'en fallait pas plus pour agripper le volant de ma voiture et avaler des kilomètres. C'est Epileptic qui ouvre. Pas facile pour le trio poitevin de chauffer une salle où le public clairsemé hésite à s'approcher de la scène. Pourtant l'emo-rock d'Epileptic n'a rien d'agressif. Tendu certes mais du genre limpide et qui s'insinue lentement pour mieux vous pénétrer. Le premier morceau "the first day of our second life" (qui donne aussi le nom à leur troisième album) est à l'image de leur approche musicale et de leur attitude. Sobre, sincère et ces arpèges qui grossissent et montent souvent en puissance. Convaincant et séduisant. Les mains d'un public plus gros maintenant ont déjà pris quelques couleurs. Monte ensuite Poney Club sur fond d'une immense toile blanche qui servira d'écran pour leurs projections. Les Orléanais sont heureux de présenter leur deuxième album "gusty winds exist" et de trouver progressivement leurs marques face à des morceaux difficiles à restituer sur scène. Rock multiformes au goût 'post' prononcé, le quatuor joue la carte des émotions et de la sensibilité. Les titres flirtent étonnamment avec les éléments naturels. Avec ses sons et ses images, ils plongent l'audience dans des paysages à trois dimensions. Avant une date au Printemps de Bourges, le groupe confirme tout son potentiel mais doit nécessairement prendre confiance en lui sur scène et montrer encore plus d'audace.


poney club

 


edible woman

Sur une palette sonore aux couleurs très bigarrées ce soir, les Bolognais d'Edible Woman giclent ensuite dans un élan punk rock noise venu plus de Chicago que du nord de l'Italie. Rentre-dedans, un côté primitif en plus, c'est le petit électrochoc dont la soirée avait besoin. Avec pour influences des groupes comme Shellac, Uzeda voire Kepone, la section rythmique se défoule et s'en donne à coeur joie. Le chant, pourtant généreux, est moins bon et la guitare, dans un jeu très particulier, surprend. Les titres s'enchaînent et le temps passe vite et bien… tellement bien que la salle en redemande… ce qui sera chose faite bien sûr. Signés sur Psychotica Records, les Italiens ont su marquer la soirée de leur empreinte. Va bene !

Si je vous demande de citer un très bon groupe de jazz rock indé, il vous sera impossible de ne pas sortir LA référence en la matière, à savoir Karate… from Boston, USA. Plus de dix ans d'expérience. Six albums et quelques eps en poche pour une formation à la classe folle. Un sourire vient se loger aux coins de mes lèvres. Les mecs portent quasiment les mêmes fringues qu'il y a deux ans à Nantes. Ils tirent tous autant la gueule. Et leur musique, comme une coupe en brosse, ne laisse rien dépasser. C'est carré, propre et huilé. Au sens figuré, le trio se trouve les yeux fermés. Ça joue en connaissance de cause et me voilà à nouveau pris dans les lignes d'une basse enivrante, d'une guitare qui swingue et d'une batterie puissante. A l'exception de l'album 'in place of real insight' le groupe, façon Greatest Hits, pioche ici et là dans sa discographie, mais privilégie aussi ses derniers bébés (un 6 titres tout chaud tout frais de reprises dans la série In The Fishtank sur Konkurrent et l'album 'pockets'). Il varie très bien les ambiances, sait se rendre agréable auprès de ceux et celles qui ne les connaissent pas. Je savoure l'excellent 'caffeine or me?' présent sur leur tout premier disque. Ce morceau est pour moi la quintessence de ce que sait offrir le groupe.

 


karate

Délicatesse, retenue, sensibilité, force, émotion et intelligence. Bien sûr Geoff Farina ne peut s'empêcher de nous servir ses solis jazzy parfois à rallonges. Bien sûr l'ensemble peut paraître trop rigide et trop austère, mais les compositions ont suffisamment de qualités pour ne pas être totalement conquis par ce savant mélange où chaque instrument est à sa place et au service de l'autre. Les morceaux de ce soir ont plus de puissance et de groove que ceux déjà gravés sur album et c'est bien là, en live, que Karate prend toute son importance. Le spectateurs, fans ou pas, ont d'ailleurs apprécié… ce qui nous a valu un bon rappel avant que la bande ne rentre à nouveau dans sa carapace. Karate ne pourra pas changer sa nature, mais au moins elle est honnête, humble et totalement focalisée sur la musique.
Seul sur la route du retour, l'aiguille sur un 100 plutôt calme, je remercie à haute voix ces quatre groupes pour m'avoir fait passer une très bonne soirée. Pas besoin de radio… je me repasse les morceaux pour un concert très privé cette fois.

 


karate

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