THE BELLRAYS
TOKYO SEX DESTRUCTION

Paris, Bataclan, 10 novembre 2006

Texte : mg
Photos : Mahias Ridde / LoveHate

Suite à un crash de disque dur
et à une mauvaise manipulation,
j'ai honteusement détruit toutes
les photos des Tokyo Sex
Destruction et des Bellrays prises
ce soir là (pourtant, je vous promets
qu'elles étaient belles !)… Du coup,
on se retrouve avec une sublime photo
gentiment offerte par le photozine
LoveHate (merci) mais qui n'a donc pas
été prise lors de la soirée parisienne !
Désolé.

 

C'est vrai que les concerts dans les grandes salles commencent à l'heure ! A force de fréquenter les bars, on avait perdu l'habitude. Du coup, quand on arrive dans la belle salle du Bataclan, les espagnols de Tokyo Sex Destruction viennent de commencer leur set. Tant pis pour la première partie française que nous avons donc complètement loupée.
Sur scène, les catalans balancent déjà leur rock néo-garage. Le son manque un peu de puissance, sans doute pour laisser le champ libre à la tête d'affiche. Une autre habitude des grosses salles. Peu importe, on va pouvoir enfin savoir à quoi ressemble les Tokyo Sex Destruction sur scène… il faut dire qu'on avait eu des échos plutôt négatifs de leurs précédentes prestations en France, à priori trop bordéliques au profit du show.

Pour le moment, le quatuor tient bien la barre. Leur rock sixties est balancé à pleins régime, mené par un guitariste qui place de jolies digressions psychédéliques et quelques matracages de wha wha… A voir son sourire, Natasha, qui représente la gent féminine de positive rage, a l'air d'apprécié. De mon côté, je suis un peu géné par le jeu de scène cliché du chanteur, un peu éculé et moins naturel que ses prédécesseurs (Make Up ou International Noise Conspiracy pour ne citer que les groupes originaires du hardcore)… Je ressens un truc un peu forcé, pas très sexy, et des attitudes définitivement trop clichées… Mais ce n'est pas le premier, c'est le style qui veut ça. Le show est bon quand même, et la musique finit de me convaincre. La basse est parfois un peu confuse pour un groupe sixties (je crois qu'il s'agit d'un nouveau bassiste, non ?), mais la guitare est classe, et je dois bien admettre, que comme sur disque, l'énergie est là. Pas de soucis, la prestation est à la hauteur des disques, clichée mais efficace. Je rejoins le jugement de Natasha, j'apprécie.

Puis les stars montent sur scène. La salle du Bataclan se remplit un peu plus… on sent que les Bellrays touchent un public assez large. Personnellement, je ne les connais pas très bien. J'ai leur album "the Red, White & Black" à la maison (dont ils joueront la plupart des titres), mais je ne connais pas bien le reste de la discographie. Ça n'a pas l'air d'être le cas du public qui hurle de joie à l'arrivée de Lisa Kekaula, la chanteuse charismatique des Bellrays, et de ses compagnons.

 

Dès le premier accord plaqué, je sais que nous allons passer un bon moment. Ce genre de moment sans réel originalité, mais d'une efficacité redoutable. Non de dieu, ce son de guitare ! Quand le groupe attaque en début de set, on sait que le live sera plus dur que les disques. La chanteuse à beau apporter une belle couleur soul ou blues, ces camarades s'évertuent à montrer que les Bellrays n'ont rien à envier à AC/DC ou aux meilleurs groupes de vieux hard-rock des 70's. Par moment, le guitariste balancent des riffs qui n'effraieraient pas les fans de Motorhead. Ça bastonne dur. Toute la richesse du groupe est là, dans ce combat insidieux entre cette chanteuse posée, calme, mûre, et des musiciens (guitariste en tête) fougueux. Tout dans ce groupe vient d'une culture bien classique, qu'elle soit rock ou soul, mais on sent une telle ferveur et un réel savoir faire qu'on succombe. Il n'y a que leurs morceaux calmes, entre soul et ballades californiennes qui me font sortir du tripe. Le chant reste toujours haut-de-gamme, mais la musique se permet alors trop de ballourdise, ça ne passe plus. Heureusement, les pauses sont rares, et la bonne vieille culture hard-rock 70's revient balayer tout sur son passage… Les petites incursions Led Zeppienne ont du bon aussi. La technique est là, le chant renvoie The Gossip à l'animation des fêtes foraines américaines, la guitare excelle, la batterie fera des jaloux et la basse n'a pas à rougir même s'il reste souvent en arrière… pas à chier, on est loin de la culture punk, mais l'énergie est identique, et même si je ne boufferais pas de ce son là tous les jours, une écoute annuelle me semble vivement conseillée !
Le show se terminera tôt (une autre habitude des grosses salles) nous laissant toute la fin de soirée pour rejoindre les Voûtes où a lieu la fête des 15 ans de Tendance Floue, un collectif de photographe… la nuit ne fait que commencer !
[mg]

 

 

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