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Qui


Marvin

 

QUI
Daria + Marvin

9/12/07 Maroquinerie - Paris

Il faut avoir du courage pour se déplacer jusqu'à la Maroquinerie en ce dimanche pluvieux. Il fait froid, il pleut, et la salle continue d'imposer ses prix rédhibitoires (19 euros)… Mais ce n'est pas tous les jours que David Yow, ancien chanteur charismatique de Jesus lizard, se retrouve sur une scène parisienne. Alors nous sommes là. Peu nombreux, c'est vrai, quand Daria ouvre la soirée… Pas facile pour eux. Pourtant, ils gèrent leur truc. Leur rock noisy à la sauce angevine est bien foutu et on sent qu'ils ont l'habitude… après, c'est vrai que je ne suis pas plus touché que ça… j'aime bien certains riffs entre rock noisy et hard-rock, mais ça reste un peu trop planplan pour moi… l'appel de la soif se fait plus fort… je laisse donc leur set bien foutu, mais sans surprise pour aller discuter avec les amis, coté bar… Je vous laisse mettre ici la liste habituelle de name dropping des activistes de la scène parisienne… exercice incontournable de tous reports de concert !
Puis c'est au tour de Marvin de prendre d'assaut la scène de la Maroquinerie. La salle s'est miraculeusement remplie. Faut dire que le trio joue régulièrement par ici, et tout parisien qui se respecte a déjà head-banguer au moins une ou deux fois sur leurs tubes. Et dès les premières notes de MS20, l'ambiance chauffe dans la salle. Le son est énorme, et leur disconoise à faire danser les cul-de-jatte prend toute son ampleur. Juste simple et efficace, comme savent le faire ces belles gueules de Montpellier. J'ai déjà vu le groupe un poil plus fou sur scène, plus communicatif aussi, mais rien de grave… le son et les lumières suffisent. Comme le reste du public, je succombe encore une fois. Parfait pour vous remettre la banane.

Dernière pause cigarette pour les uns (la salle est non-fumeur), ou bibinne pour les autres (ou les deux pour beaucoup!), et c'est Qui qui prend la pause.
Après avoir tenu le stand comme n'importe quel groupe d'amateurs, David Yow se retrouve donc là, devant nous, accompagné de ses deux acolytes. C'est sûr, à côté de lui, les deux autres passent un peu inaperçus, on y peut rien. Et même si leur noise rock n'a pas la puissance ou la précision d'un Jesus Lizard, David Yow donne tout autant qu'à l'époque. Passant son temps à cracher, à toucher les premiers rangs ou à interpeler les gens du fond, l'homme fait son show. Et ça marche. Insolent, provocant, David Yow possède l'attitude des vieux punks, rien à dire. De l'autre côté de la scène, le guitariste fait ce qu'il peut pour maintenir la pression avec ses deux amplis Marshall, sa demi-caisse et sa pédale Big Muff. Gros son gras sans retenu. Et c'est vrai que les titres de l'album prennent une dimension plus agressives, ce qui n'est pas un mal. Les plus excités du public n'en peuvent plus, certains rêvent de toucher le poisseux David Yow, c'est étrange. Mais en général, l'ambiance est bonne, ni trop sage, ni trop violente. Devant, ça joue au chat et à la souris avec le service d'ordre pour pouvoir fumer une cigarette… David Yow s'en amuse. Ne cessant de répéter "Don't Smoke, it's very important", il propose une cigarette à Natasha, et lui allume… Comment s'attendre à autre chose de ce vieux briscard !
Quand Qui revient pour le rappel, c'est sans l'encombrant chanteur. Juste le duo d'origine pour la reprise de Pink Floyd… Je trouve qu'ils s'en sortent bien, mais on se rend vite compte que le groupe n'aurait jamais dépassé le stade des spécialistes sans l'ancien Jesus lizard. A deux, le groupe assure, mais sans plus, sans folie. Pour le final, David Yow reviendra armée d'une basse, pour une prouesse technique impressionnante ! Côté spectacle, il restera sage au fond. Malheureusement, sa présence, sa voix, nous manquerons pour ce rappel moins grandiose que le reste du concert. En même temps, on comprend leur choix : essayer de ne pas réduire le groupe à son nouveau membre… pourtant, les concerts ne feront à coup sûr qu'accentuer cette réalité.

Texte et photo [mg]

Marvin (à gauche) et Qui (à droite)