Autres Compte-rendus
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//// Melt Banana + Fantomas (Austin/Texas)
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//// Dernier concert des Seven Hate (Poitiers)
//// Q and not U et Black Eyes (Austin/Texas)
//// The Ex (Austin/Texas)
//// Incident lors du concert des Victims Family (Paris)
//// Les Savy Fav (Paris)
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Avec deux albums excellents au compteur, les nantais de Papier Tigre font l'unanimité au sein de l'équipe (réduite) de Positive Rage… Rares sont les trios français à dégager autant d'énergie et autant de maîtrise dans leur musique. Alors quand le groupe, qui enchaîne tournée sur tournée, s'envole pour le Brésil et les États-Unis, Positive Rage demande à Arthur, le guitariste de Papier Tigre, de prendre des notes…
Une fatigue sournoise et moite comme une nuit blanche sans fête, on essaye d’être le plus alerte possible pour gérer les formalités d’un départ avant l’aube. Je souhaite une bonne journée au chauffeur de taxi qui m’explique que c’est plutôt la fin de sa journée à lui. C’est dans ces quelques minutes confuses entre le jour et la nuit que nous partons pour un mois d’Août d’expériences diverses, de tournées que l’on n’aurait jamais imaginées. BRÉSIL > Une courte escale à Lisbonne et 14 heures de voyage plus tard, on se frotte enfin au rude hiver ensoleillé de Brasilia. Ma première impression est, un sujet qui passionne mes grands parents, "il fait bien plus chaud qu’à Nantes !". Nous rencontrons Fernanda à la sortie de l’aéroport, elle nous accueille à bras ouverts. Elle nous accompagnera durant tout le séjour en qualité de tour manager / interprète. Elle joue dans un groupe Lucy and The Popsonics qui est signé sur le même label qui nous a pris en licence au Brésil, Monstro Discos. Brasilia ou le futur des années 60 : dans l’imagination d’Oscar Niemeyer il y avait peu de place pour le piéton et la nature. La ville est étendue, immense, deux grands boulevards mènent jusqu’à la tripartite de la république fédérale Brésilienne : le Congrès national, le Sénat et la Chambre des députés. La ville est étrange, dominée par cette architecture moderne, on se déplace en voiture autour des monuments pour finir après 45 minutes de voyage dans une churrascaria. Dans ce grill brésilien, il est presque impossible de manger raisonnablement. Assis à table, les serveurs viennent en permanence avec tous types de viandes, diversement assaisonnées, pour en mettre dans ton assiette et te couper une tranche. Cette pression carnivore est effrayante, le buffet à volonté aussi. Le festival Porao do Rock commence le lendemain, nous ne jouons pas le premier soir, alors on traîne dans le festival. Les chevelus permanentés des années 80 sont encore bien présents ici, et ça se ressent dans leur musique. Entre le hard FM, le hardcore d’école et le punk traditionnel avec les déguisements de rigueur, on s’émerveille à chaque instant. Le festival est immense, sensé accueillir 10 000 personnes divisées en deux catégories : les VIP et les autres. Une barrière les sépare à 50 mètres de la scène, il faut payer une place plus chère pour être plus proche. Les organisateurs nous expliquent que c’est la seule manière de survivre en donnant notamment un accès privilégié aux sponsors (comme Petrobras). Cette dichotomie rend les concerts très étranges, l’ambiance est loin, et la plupart des VIP sont surtout là pour Muse. Enfin, on a quand même eu la chance de voir MQN, le groupe de Fabricio (de Monstro), qui a réalisé un très bon show rock’n’roll. Le lendemain, la programmation est plus variée. Les scènes sont très désorganisées, il y a une vingtaine de personnes sur le plateau à s’activer dans tous les sens, ce qui rend notre line-check d’avant concert assez désastreux. Le concert ne se passe pas si mal, et on commence à faire des interviews : c’est assez drôle car les journalistes sont surpris par notre media training irréprochable car inexistant. On termine en faisant la fête comme il se doit avec Lucy, MQN et d’autres groupes de Monstro.
Le lendemain
nous partons en car avec toute cette joyeuse bande à Goiânia,
la ville de Monstro. Nous jouons dans un skate shop devancé
par un half-pipe qu’arpentent de nombreux jeunes skateurs. Familles,
musiciens et skateurs apprécient le concert, MQN
qui jouait juste après est arrêté par la police,
alertée par les voisins surpris par cette réunion exceptionnelle
le jour du seigneur. On mange avec toute l’équipe et
nous terminons la soirée avec Fernanda. Le lendemain est un
jour de repos à Goiânia, on traîne dans les locaux
de Monstro avec des musiciens de Amp et de Black
Drawing Chalks. Caipirinha après caipirinha, les langues
se délient, on rentre avant qu’il ne soit trop tard,
Sao Paolo nous attend le lendemain.
Après
un enregistrement matinal pour une web TV, la soirée se passe
au studio SP, les conditions de son étant mauvaises, le concert
n’est pas le plus mémorable. Nous repartons vers le Calongo
festival à Cuiabá avec un gout d’inachevé.
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ETATS-UNIS
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Il est 3 heures du matin, nous venons juste de réécouter
les morceaux mixés du nouvel album avec Iain Burgess. Il est
temps de partir pour les Etats-Unis. La fatigue se fait ressentir
mais l’excitation est là. En effet le Brésil,
puis la dizaine de jours d’enregistrement qui suivaient, nous
laissent une adrénaline permanente, comme un enfant qui ferait
trois noël d’affilés. Le voyage est compliqué :
en arrivant à l’immigration américaine à
Houston au bien nommé aéroport George Bush, je suis
interrogé pendant une quarantaine de minutes et ils me relâchent
enfin quand il y a plus rien à vérifier.
Nous arrivons
juste avant la crise financière, mais pendant les congrès
nationaux des deux candidats à l’élection présidentielle
américaine. Une soirée démocrate à lieu
au Congress, énorme badge Obama de rigueur. Le discours et
l’émotion qu’il suscite sont un peu dérangeants
quand on sait qu’il aura beaucoup de mal a tenir ne serais-ce
qu’un tiers des ses promesses. On préfère nettement
ce "rêve" à la tristesse de duo McCain-Palin.
Et même en résistant, on se sent ému par une montée
de violon à la fin d’un blockbuster où le héros
sauve l’Amérique. Au revoir Tucson
et bonjour Nogales, la ville est scindée en deux : une
partie américaine et une autre mexicaine. La ville est réputée
dangereuse, c’est une plaque tournante de différents
traffics comme une ville frontière. Le jour précédent
notre concert, trois corps décapités ont été
retrouvés. Le JC Club est une boite de nuit énorme qui
fleure bon le petit Tony Montana en herbe. Après quelques dizaine
de minutes d’attente, il devient clair que le public ne viendra
pas. A la fin du concert, on sent la tension monter d’un cran,
et les gens s’inquiéter : il serait bienvenu de
partir maintenant. A l’hôtel, les portes claquent et les
clients s’envoient gentiment des menaces de mort. On est peu
mécontent de partir vers Hermosillo. Pour le Gato Pollo plus
précisément, un bon club rock où les concerts
sont appréciés par un public nombreux. Nous dormons
tous dans deux grandes chambres pour se retrouver à la piscine
sur le toit de l’hôtel, le lendemain matin sur le bitume
brûlant. Le lendemain
on se réveille dans un décor somptueux, juste le temps
d’aller faire un tour à Joshua Tree avant de reprendre
la route direction Flagstaff. Le voyage nous fait passer proche de
Death Valley et à proximité des lacs de sel dans une
chaleur étouffante.
Nous remontons
vers San Francisco et le Make Out Room, un très beau bar vintage
avec des décorations étranges : des têtes
de cerfs empaillées recouverte de culottes et de soutiens gorges,
entre autres. Les concerts sont plutôt bons mais encore une
fois le public a préféré le bar d’en face,
sorte de repaire pour adeptes de Ken Kesey selon les locaux. La ville
a l’air très agréable mais nous partons directement
après le concert pour aller à Phoenix. En ce lundi soir
et après 14 heures de route, il n’y a tout simplement
personne au concert, on joue quand même pour les quelques personnes
venus de Tucson pour nous voir jouer. On rentre immédiatement
là-bas pour finir sur une soirée chez le batteur de
Pork Torta qui organise un concert chez lui. La nuit
s’avèrera très drôle, il y a beaucoup de
monde notamment des jeunes de moins de 21 ans qui sont censés
ne pas boire. Vers 8 h00 du matin tout le monde doit repartir vers
l’aéroport, on me laisse au Congress pour une courte
nuit. Je me fais réveiller par la femme de ménage. Je
claque la porte : me voilà seul et en vacances.
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