Autres Compte-rendus

//// Don Vito + No Nebraska [paris]

//// Rubiks + Louise Mitchels + DYC [paris]

//// Black Lips + Ponytail [paris]

//// Tournée de Papier Tigre sur le continent américain

//// 31 Knots + We Insist + One Second Riot [st ouen]

//// Qui + Three Second Kiss [st ouen]

//// Oxbow + Red Sparrowes [paris]

//// Adolescents + burning Heads [montreuil]

//// Shellac + Mission of Burma + Melt Banana [paris]

//// Don Vito + Le Singe Blanc + Do You Compute [paris]

//// Scul hazzard + membrane + warsaw was raw [paris]

//// Basement + Death to Pigs + Rubiks [Paris]

//// Qui + Marvin [Paris]

//// Bananas at the audience [Paris]

//// Les Savy Fav (Paris)

//// Zëro (Paris)

//// The Bellrays + Tokyo Sex Destruction (Paris)

//// Old Time Relijun + The Gossip (Paris)

//// the Evens + sincabeza + stanley kubi (Paris)

//// Fury Fest Part 2
//// Fury Fest Part 1 (Le mans)

//// Isis + Jesu + Dalek (Poitiers)

//// Karate + Edible Woman + Poney Club + Epileptic (Blois)

//// Slint (Reims)

//// Hoover + Haymarket Riot + Bullet Union + This Ain't vegas (Londres)

//// Lungfish + Constantines (Austin/Texas)

//// Blond Redhead + Secret Machines (Austin/Texas)

//// Melt Banana + Fantomas (Austin/Texas)

//// Engine Down + Decahedron (Austin/Texas)

//// Dernier concert des Seven Hate (Poitiers)

//// Q and not U et Black Eyes (Austin/Texas)

//// The Ex (Austin/Texas)

//// Incident lors du concert des Victims Family (Paris)

//// Les Savy Fav (Paris)

Dimanche 12 avril (mains d'œuvres - St Ouen)
UP YOURS + CHOOCHOOSHOESHOOT + DO YOU COMPUTE + GOODBY DIANA + BASEMENT + MARVIN

Une belle brochette d'activistes et autres amateurs de noise était donc réunie sur deux jours à Mains d'œuvres à l'occasion du Nextclues Fuck Fest #2. Un intru, Ultraphallus, venu de Belgique. Peut-être un moyen caché pour les organisateurs d'affirmer leur volonté de voir la France annexer la Belgique ? Mais laissons de côté les ambitions géo-politiques de certains pour revenir au festival. Une belle affiche donc, à l'initiative de l'association GTOK ? GTKO ! et du zine Nextclues (bon, c'est un peu bonnet blanc et blanc bonnet là)… Vu que j'ai merdé comme un chef la veille en loupant les excellentissimes Shub (il parait que le concert était mortel, avec une ambiance déchaînée), il était hors de question d'en louper une miette pour ce deuxième jour.

Après les salutations d'usage (il faut dire que le tout Paris est là, avec en plus des gens venus de Bordeaux, Châlon ou des États-Unis pour Bilou !), on se dépêche d'aller voir Up Yours qui ouvre les festivités. Up Yours est un trio bordelais dans lequel joue Mr L'Ours et un membre de Pitsky, et qui joue un rock gras et heavy sans fioriture. Le ton du festival est donné. Ce soir, le poil et la sueur sont à l'honneur. En attendant, pendant que la salle se remplit doucement, sur scène, ça envoie comme il faut. J'y retrouve la lourdeur de Fudge Tunnel, le crado de groupes comme TAD, ou le rouleau compresseur de Motorhead sur la fin du set. Pour ne rien gâcher, le guitariste / chanteur assure le spectacle. Ça joue sans en faire trop. De la technique mais pour aller à l'essentiel. Et chez eux, l'essentiel est gras ! On n'évolue pas dans la finesse mais ça envoie et c'est habité. Je n'en demande pas plus. Vraiment dommage qu'ils jouent en premier devant un public encore un peu froid et clairsemé. C'est en tout cas, une bonne découverte, qui trouve parfaitement sa place sur cette affiche.


Up Yours (photos par Stéphane Delevacque)

On profite du changement de backline pour voir les expos de Steph Rad Party et de Arraches-toi un œil (affiche sérigraphiées)… Parfait ! Le programme étant chargé pour les oreilles, c'est une bonne idée d'avoir pensé aux yeux ! Toujours un plaisir de voir leurs dessins et affiches décorer une salle !

Choochooshoeshoot démarrent. Ils ont changé de chanteuse depuis la dernière fois où je les ai vus. La brune s'est faite remplacer par une blonde. Pour le reste pas de grand changement. Noise millimétrée, froide et aride. Pas de grands discours, ni de débordements. Les Choochoo ne sont toujours pas très expansifs. Pourtant, j'ai l'impression qu'ils abordent mieux la scène ; un peu moins timides. La chanteuse est plus à l'aise aussi. Son chant ressemble au précédent, même si je crois préférer autrefois (plus de force). Elle bouge plus, tient mieux la scène, mais manque encore de cohésion avec le groupe derrière elle. Il faut dire qu'elle dénote face à la rigidité de la musique que ses camarades assènent. Bref, un bon concert, mais je dois avouer que j'en attendais tout de même un peu plus. Car on ne peut nier qu'une fois le tapis noise froide déplié, il ne se passe pas grand chose non plus... peut-être que le groupe devrait laisser plus de place à l'inattendu… moins contrôler les choses… peut-être que je suis trop exigeant aussi… je ne sais pas…


Choochooshoeshoot (photo par mg)

Place ensuite aux locaux de l'affaire, Do You Compute, dont l'un des "célèbres" membres fait aussi partie de l'organisation de cette sauterie (c'est le G de GTOK !). Après quelques concerts en demi-teinte, cherchant leur son, le groupe envoie ce soir ce qu'il a de plus efficace. Le son est pour une fois digne de leur album, et le quatuor, qui commence à avoir un paquet de concerts dans les pattes, ne souffre plus de timidité. Grosse noise rock, parfois mélodique, parfois lourde, mais parfois confuse… deux chants, l'un tendu (Chewie), l'autre gras (Greju). Et ce soir, ça envoie. Derrière, la batterie tient le cap, grosse artillerie de sortie. A force de les voir, je sais que j'assiste là à leur meilleure prestation. Intense comme il faut. Pourtant, rabat-joie jusqu'au bout des ongles, il me manque un petit quelque chose… Je crois que leur musique est parfois trop confuse (désolé les copains, mais je vous aime quand même). Le groupe choisit de passer tout en force, et un peu de clarté manque, histoire de savoir à quoi me raccrocher. Peu importe, DYC offre son meilleur concert et je ne vais pas les bouder ; le public en profite, et moi aussi. Les petits problèmes techniques sur la guitare n'y changeront rien, et je suis content pour eux.



Do You Compute (photo par Stéphane Delevacque)

Changement de plateau rapide (tout est très minuté ce soir), et Goodbye Diana, devenu trio, prend les choses en main. Le niveau technique monte d'un cran. Depuis leur nouvel album, le groupe accentue son côté mathrock au gros son, se rapprochant du premier Don Caballero. J'aime bien leur évolution. Ça joue et les gars sont à l'aise, très à l'aise. C'est ultra-efficace, et si on apprécie le style, on en prend pour son grade. Après, il n'y a rien qui dépasse. Pour la baston et les crachats, il faudra revenir. Il y a bien une grosse dose de culture metal dans leur son (mais pourquoi tous ces groupes se tournent-ils vers le metal?), mais Goodbye Diana reste un groupe appliqué et propre. Pas de place pour l'émotion ici. Pas de folie sur scène. Et à force, l'enchaînement de notes a beau être parfaitement exécuté, je décroche un peu. Faut-il rappeler que Don caballero, à l'époque, c'était une machine de guerre sur scène ? C'était furieux, plein de vie, bordélique même. Ce n'est malheureusement pas le cas avec le trio de Montpellier. Leur set est parfait, trop parfait. Manquera juste le crado, le vivant, le bordel que nous promettait le festival.


Goodbye Diana (photo par Stéphane Delevacque)


Basement (photo par mg)

Puis, arrive l'événement de ce dimanche : Basement. Les bordelais ont changé de second guitariste, et tout le monde attend de voir ce que la nouvelle formation va donner. Et bordel, ce soir, les bordelais mettent tout le monde à l'amende ! Tout ce qui a manqué aux autres groupes, Basement l'offre sans retenue. Un putain de set énorme ! Le bruit, la puissance, la tension, l'émotion, l'humain, et surtout des putain de vraies chansons, tout est là. 10 ans d'expérience feront toujours la différence !!!! Seb, le nouveau guitariste (ex-Swad) a parfaitement trouvé sa place (ce n'était pourtant pas facile de remplacer Franck). Dans la salle l'ambiance, agréable mais plutôt retenue jusqu'ici, explose ! L'alcool aidant, les plus déchaînés ne se retiennent plus. Ça slamme, ça danse, ça renverse sa bière (sport national dans les concerts), ça hurle. Enfin, le slogan du festival prend du sens. Pas que je sois un fan de slamme, mais quel pied de voir la salle offrir une telle ambiance aux Libournais. Sur scène, Basement y va sans retenue. Ils sont beaux à voir. Seb finira même avec 4 points de suture (frappé par sa propre guitare!!!). La grande grande classe ! Définitivement le concert de la soirée.


Basement (photo par Stéphane Delevacque)

Enfin, Marvin se voient la lourde tache d'enchaîner après le déluge, pour clôturer comme il se doit ce FuckFest. La tâche n'est pas facile mais Marvin en ont déjà vu d'autres. Tout juste rentrés de leur tournée à La Réunion, le trio encore bronzé, doit faire vite, timing à la bourre oblige. Un Korg de chaque côté de la scène, Greg à la batterie au centre, et voilà la déferlante dansante qui commence. Les trois jouent principalement leurs nouveaux morceaux. Des morceaux que j'ai déjà eu l'occasion d'entendre à la Flèche d'Or. Les machines deviennent plus présentes (Fred a ajouté un clavier), l'influence electro-dansante plus marquée. Malheureusement, je trouve les nouvelles compos moins bien ficelées. Derrière l'amour invétéré que le groupe voue à Trans AM, c'est l'influence de Daft Punk et Justice que j'entends. Et c'est vrai que j'adhère moins à cette nouvelle orientation. D'autant plus que sur scène, les deux claviers bouchent vraiment la vue, sans ouverture. Reste juste Greg, tel un apollon, au milieu de la scène. heureusement, le bougre est classe à regarder se battre avec sa batterie! Je ne dois pas être le seul à avoir du mal à rentrer dans leur set car l'ambiance est redescendue après Basement. C'est bien la première fois que je vois Marvin faire redescendre l'ambiance ! Heureusement, le trio sort son arme fatale : Discose ! Le tube remet tout le monde d'accord. Putain de morceau parfait, Discose relance la machine à slamme ! Tout le monde se met à danser. Ah, Discose, voilà pourquoi on aime les Marvin ! De son côté, l'autre star de la soirée, Thierry Tanguy (le T de GTOK) essaiera de jouer quelques accords avec la guitare de Fred, sans trop de succès… Tout va très vite, le concert doit se finir, laissant juste le temps à Karine (le K de GTOK) et Bilou (le B de Nextclues) de monter rejoindre Marvin sur scène pour deux reprises… Black Flag et Minutemen si je ne me trompe pas. C'est un peu cacophonique, pas parfait musicalement, mais peu importe, c'est une bonne idée et un bien bon choix ! Et je ne vois pas comment un tel festival aurait pû se finir autrement.


Marvin (photo par Stéphane Delevacque)

Un dimanche un peu en dessous de ce que j'avais imaginé musicalement, mais une initiative excellente qui fut une belle réussite humaine. Bon, on n'a pas vu la baston, à peine les crachats… certains ont dû être déçus ! Mais on s'en fout, les entrées ont fait le plein, le public a joué le jeu, les groupes aussi, la bière a fait son effet, bref, on n'a plus qu'à attendre avec impatience la troisième édition !

[mg]

 


Expo Rad Party (photo par Stéphane Delevacque himself !)