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JESUS LIZARD + SUNN 0)))))
+ MEN WITHOUT PANTS
Villette Sonique - Paris - 27.05.09

Jesus Lizard ! On y croyait plus ! L'un des groupes qui me manquait le plus aujourd'hui (au même titre que Fugazi) et qu'aucun ersatz n'arrivait à me faire oublier nous fait donc le coup de la reformation ! J'ai toujours un à priori négatif sur ces putains de reformations, souvent motivées par un bon chèque... Mais comme une petite groupie en transe, j'étais prêt à tout accepter, paré à laisser mes à priori à l'entrée, avec toute la merde de la journée.
Et putain, de la merde, j'en avais un paquet collé sous mes groles. Par exemple, trouver une place dans ce quartier révèle de l'exploit. Ça m'a pris une bonne heure, pour me retrouver au final à quelques bornes de la salle ! Mais bon, je savais que le métro m'empêcherait de voir la fin du concert, option inenvisageable, donc pas le choix.
Bref, quand j'arrive, je suppose que le premier groupe joue déjà. Mais il y a tellement de monde dehors, tellement de mains à serrer, d'histoires à raconter, d'histoires à écouter, que je n'ai pas l'occasion de rentrer dans la salle voir à quoi ça ressemble… tout le monde est là, de Paris, de Montpellier, de Nantes, de Lyon, et j'en passe… et ça cause, ça picole, ça papillonne. Tellement de monde que je n'arrive à en voir qu'une partie... Tant pis pour les autres.
Bref, Sunn 0))), le groupe des branchés, de ceux qui lisent Libé et Technikart, fait vibrer les murs de la Grand Halle de la Villette depuis quelques temps déjà quand je me décide à tenter l'expérience. Putain, la salle est pleine. Je n'ai jamais vu autant de gens écouter une musique aussi pointue (qui a dit chiante ?). Un beau mur d'amplis sur scène, et c'est sans doute ce qui me retient le plus l'attention, beaucoup de fumée, et cette putain de musique… une note toutes les cinq minutes, tout le corps qui vibre et un ennuie profond qui s'installe. L'écran de fumée, pour une fois, je le trouve à propos ! Parce que là, tout ce buzz, cette approche conceptuelle branchouille… j'ai bien l'impression de me faire enfumer ! Bon, je trouve le concept osé (qui a cité Earth ?), et c'est ce qui les rend intéressants, mais une fois le concept posé (c'est sûr ça fait quelque chose à dire pour les journalistes), on fait quoi? Quelque chose m'échappe. Je laisse les adeptes assister à leur messe noire, et je vais retrouver les uns et les autres dehors, trop d'histoires à écouter, à raconter…
Je n'y peux rien ce soir, je suis en mode "groupie" assumé. Ce qui m'intéresse, c'est Jesus Lizard. On se cale devant l'ampli de Duane Denison, côté gauche de la salle. On est prêt. C'est Denison qui rentrera en premier, l'air de rien, coller sa set liste, accorder sa guitare… on croirait un roadie… l'opposé de David Yow. C'est juste drôle de voir que ses cheveux ont blanchi.
Le temps de tout régler, de laisser rentrer le monde, et les lumières s'éteignent, la seconde messe peut commencer…

 

Merci à Adrien et Villette Sonique.
Photos : Robert Gil

 

 


Parfois ça passe ( en haut, avec "son fils"),
parfois ça casse (en bas, avec une victime)...

Jesus Lizard entre en action. Pas de tour de chauffe, pas de reformation blasée (qui a dit Slint ?), on a l'impression d'être revenu dix ans en arrière. L'impression qu'ils n'ont jamais arrêté. Le son est bon (malgré la grandeur de la salle qui, seul petit regret, rend l'impact moins compact), les titres sont joués avec précision, et David Yow nous la joue grand soir. Bien loin de ses escapades dans Qui, Yow est décidé à être à la hauteur de sa réputation. Fourré la moitié du temps dans le public, plus insolant que jamais (insultant par exemple les précédents groupes), bâtard jusqu'au fond des ongles, le chanteur captive. Dans la salle, le public tente d'être à la hauteur. Concours de stage diving, et de mini-scenettes hilarantes. On alterne entre fans rodés, parfaitement à l'aise avec l'exercice, et bouffon(e)s en manque de reconnaissance qui ne récupèrent souvent qu'humiliation.
Puisque le spectacle est autant dans la salle que sur scène, attardons nous sur les prestations du public. Pour les grands vainqueurs de la soirée, je nomme pour le plus beau stage diving, le superbe saut périlleux d'un inconnu, et comme grand prix du jury, ce gars qui monte sur scène, en chantant les paroles, et à qui David Yow (convaincu ou le mettant au défi) offre le micro. Le gars chantera parfaitement la chanson, comme si c'était son groupe (devant un David Yow sourire aux lèvres), avant de s'envoler dans un superbe stage diving, sans demander son reste. Superbe attitude (que Yow félicitera d'un "this is my son" !) qui renvoie les nombreux apprentis au fin fond du puits. Les apprentis justement : médaille de la plus belle humiliation offerte par Mr Yow : le jeune dansant sur scène à qui Yow explose le T-Shirt (dos déchiré de haut en bas). No Comment. Médaille du plus mauvais stage diving : saut pied en avant avec tout le monde qui se pousse et David Yow de dire "en français, vous appelez ça l'idiot !". Médaille de la plus naïve prestation : cette minette propre sur elle qui pense déstabiliser un Yow plus timide qu'on ne le pense, en lui offrant un bisou avant de retrouver ses amis... C'était sans compter sur la réactivité de Yow qui la rattrape façon catcheur pour la plaquer au sol. Humiliation maîtrisée et méritée. Yow = 1, midinette = 0. Médaille de la prestation la plus insipide : la midinette n°2 qui veut se faire remarquer en dansant longuement sur scène et que Yow regardera longuement avec un air condescendant. Et enfin, médaille de "c'est qui le patron" : Duane Denison rappelant à l'ordre Yow avec un coup de savate qui fit sortir le showman de son trip ! Fais le spectacle l'ami, mais pas question de chanter à côté !
Bref, pendant ce temps là, les titres s'enchaînent, et je profite au maximum. Les arpèges de guitares me filent la chair de poule, la basse me remue et le batteur, principale crainte de la soirée, assure comme un dieu. Je suis aux anges. Bien évidement, tous mes tubes n'ont pas été joués, il aurait fallu une heure de plus, mais la set liste ne m'a pas frustré. Il y avait des morceaux de choix. De quoi satisfaire tout le monde. Bref, un putain de bon concert, habité, maîtrisé, sans retenue. Une reformation comme on en voit rarement. Un concert aussi intense qu'autrefois (Denison était peut-être même plus présent), avec une énergie qui pouvait donner l'impression que c'était leur premier… et que les bougres aux cheveux blancs n'avaient que vingt ans. On les attendait très haut, et ils n'ont pas déçu. Respect.

[mg]