Autres Compte-rendus
//// The Obits //// Scul Hazzards + Brume Retina + Use of Procedure //// Holy State + Abject Object //// Jesus Lizard + Sunn0))) //// Passe
montagne + Grampall Jookabox //// Fuck
fest #2 : Basement, Goodbye Diana, Marvin, DYC, etc. [st ouen]
//// Don Vito + No Nebraska [paris]
//// Rubiks + Louise Mitchels + DYC
[paris]
//// Black
Lips + Ponytail [paris]
//// Tournée
de Papier Tigre sur le continent
américain //// 31 Knots + We Insist + One Second
Riot [st ouen] ////
Qui + Three Second Kiss [st ouen]
//// Oxbow
+ Red Sparrowes [paris] ////
Adolescents
+ burning Heads [montreuil] //// Shellac
+ Mission of Burma + Melt Banana [paris] ////
Don Vito
+ Le Singe Blanc + Do You Compute [paris] //// Scul hazzard
+ membrane + warsaw was raw [paris] //// Basement + Death to Pigs + Rubiks
[Paris] //// Qui
+ Marvin [Paris] ////
Bananas at the audience [Paris]
//// Les
Savy Fav (Paris) ////
Zëro (Paris) ////
The Bellrays + Tokyo Sex Destruction
(Paris) //// Old
Time Relijun + The Gossip (Paris) ////
the Evens + sincabeza + stanley
kubi (Paris) ////
Fury Fest Part 2
//// Fury Fest Part 1 (Le mans)
//// Isis
+ Jesu + Dalek (Poitiers) ////
Karate + Edible Woman + Poney Club
+ Epileptic (Blois) ////
Slint (Reims) ////
Hoover + Haymarket Riot + Bullet
Union + This Ain't vegas (Londres) ////
Lungfish + Constantines (Austin/Texas)
//// Blond
Redhead + Secret Machines (Austin/Texas) ////
Melt Banana + Fantomas (Austin/Texas)
//// Engine
Down + Decahedron (Austin/Texas) ////
Dernier concert des Seven Hate (Poitiers)
//// Q
and not U et Black Eyes (Austin/Texas) ////
The Ex (Austin/Texas) ////
Incident lors du concert des Victims Family
(Paris) //// Les
Savy Fav (Paris)
| LE FESTIGOLETTO ! (Rigoletto / Paris / 20 et 21.10.09) |
|
| Un festival au Rigoletto, il fallait y penser ! Bon, le Festigoletto (c'est le joli nom que les organisateurs lui ont donné), n'est pas vraiment un festival à proprement parlé… Disons que l'équipe de Rejuvenation a eu le courage d'organiser dans la maintenant célèbre pizzeria parisienne deux concerts sur deux jours. Chapeau. Le moins qu'on puisse dire c'est que la motivation est encore intacte du côté de la famille Reju (passée depuis peu à trois avec l'arrivée de Roms). DAY ONE Ce soir, ça commence tôt. Premier groupe avant 20h… J'arrive juste à temps pour voir la fin de leur set. Il s'agit d'Insalus, et le flyer les présente comme un groupe crust. Perso, ce qui me donne envie de les voir, c'est la présence d'Emy, la chanteuse de 10LEC6. Les spécialistes reconnaitront aussi un gars des Famous NTM… Bref, sur scène, c'est un mélange de punk, hardcore, crust, le tout dans un esprit qui me rappelle les groupes que je voyais dans le milieu anarcho-punk / squat à l'époque (mais avec cette touche plus lourde et grasse liée au crust). L'alternance de chant masculin / féminin n'y ait pas pour rien. Bon, le chant d'Emy a toujours la classe avec ce petit truc à la X Ray Spex, mais contrairement à 10LEC6, ici la musique prend beaucoup de place, pour le meilleur mais aussi pour le pire… et la batterie n'est pas toujours au top, les excès de chorus ici ou là non plus. Bon, trois titres, c'est un peu court pour avoir un jugement définitif, je remettrais ça à une prochaine fois. Ensuite, c'est le groupe maison qui s'y colle, je veux bien entendu parler de Do You Compute. Et dès le début de leur set, on sent que les gars ont bien tourné depuis un an. Ça s'entend, et ça se voit. Ils sont à l'aise, sans en faire trop, et leurs titres se font plus précis… Alors que le groupe a pris un gros virage noise avec leur album, ce soir, les parisiens nous montrent leur profile le plus mélodique… On sent remonter tout le côté pop de leurs compos, et le résultat fonctionne bien ! Ce soir, Do You Compute sont plus emo que jamais, le mot qui fâche est lâché. En même temps, je ne parle pas de gamins maquillés en noir voulant dessiner des cœurs roses sur leur guitare. Je cause de Fugazi, ou même des groupes de la seconde génération comme Braid, Texas is the Reason, etc. Bien entendu, les morceaux de DYC sont boostés à la noise (j'ai jamais dit qu'ils jouaient du Braid hein !), et les bougres ne se privent pas de quelques plans bien lourds, mais le mélange des genres est réussi. Sans doute le meilleur concert que j'ai vu d'eux.
Ensuite, on s'envole pour St Etienne avec Jubile, le duo dans lequel joue Clément de Boom Boom Rikordz (et le fanzine Blah Blah Blah)… Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, et c'est une pleine agression de guitare que je me prends dans la face. A deux, les gars arrivent à créer une tension et une agressivité qui hypnotise. C'est assez minimaliste, mais passionné comme il faut. Clément balance tout ce qu'il a, beuglant dans le micro, comme possédé. Leur musique me fait un peu l'effet de Distorted Pony, cet excellent groupe noise à boite à rythme. Oppressant, agressif, intense. Bon, parfois, certains titres me semblent un peu longs, mais quand ça marche, ça marche ! Ces gars ont de putains de bonnes idées, et j'aime comme ils y mettent leurs tripes. J'ai l'impression qu'ils jouent comme si c'était leur dernier jour, et tant pis pour les sorties de route. En plus j'adore la jolie petite Rickenbacker bleue électrique de Clément !
Allez juste le temps de bouffer un bout de pizza et c'est encore plus au sud qu'on descend avec Poutre (un boulevard pour les jeux de mots de Thierry Tanguy dont le fameux "Poutre, ça envoie du bois"). Leur album tourne régulièrement à la maison ces derniers temps (certains titres particulièrement) donc j'étais impatient de voir ce que donnait le groupe sur scène. Je loupe le début de leur set, mais quand j'arrive, un de leur putain de bons tubes me chopent à la gorge et m'embarque direct dans leur concert. Le son est parfait (ce qui est rare dans ce lieu). Je retrouve complètement le disque. La guitare est incisive, le basse batterie puissant. J'ai l'impression que ces gars ont vu les mêmes concerts que moi à l'époque (pas un hasard vu leur âge)… en tout cas, ceux qui ont connu la scène noise hexagonale des années 90 devraient y retrouver des choses. Du Deity Guns pour commencer, et parfois même un peu de Condense… Poutre joue plus speed, avec une approche typique des groupes d'aujourd'hui, mais ce qui me touche vraiment chez eux, c'est bien ce côté étrange qui vient titiller la routine, ces incursions façon premier EP des Sleeppers… Bref, Poutre assure et confirme en concert tout le bien de leur album.
|
Comme le veut la tradition du Rigoletto, le final est laissé à un projet acoustique (souvent folk). Ce coup-ci, c'est Reipas qui est convié. C'est la première fois que je les vois (sous cette formation en tout cas). Leur pop folk d'inspiration classique finit joliment la soirée. C'est parfois un peu trop convenu pour moi, et l'absence d'accident se fait plus sentir en live (surtout après la déferlante noise à laquelle nous avons eu le droit toute la soirée), du coup, pas mal de gens en profitent pour se ravitailler au bar. Il faut avouer que l'exercice acoustique est périlleux. Le duo (guitare sèche + synthé/voix) a par contre l'excellente idée de reprendre "Turnstile" des Do You Compute, qui sont aux anges et ne s'en cachent pas ! Reprise qu'ils joueront à nouveau en fin de set avec les DYC au complet aux chœurs. Marrant. On notera aussi la reprise de Dinosaur Jr joliment interprétée.
On finit cette excellente soirée, devant le Rigoletto avec les groupes et organisateurs… une autre tradition du lieu… sauf que ce coup-ci on se donne rendez-vous pour le lendemain et le concert des Rubiks ! Festigoletto rules ! DAY TWO C'est un peu plus fatigué que la veille que j'arrive au Rigoletto ce mercredi. Le manque de sommeil se fait sentir. Le concert a beau commencer légèrement plus tard, le temps de dire bonjour à tout le monde, je loupe la plupart du set de To The Happy Few, dans lequel joue deux gars de Revok… La Reju team annonçait un groupe Shoegaze, mais de loin, j'ai l'impression d'entendre un groupe de musique electronique ou synthétique… Selon les personnes, les avis diverges, certains apprécient, d'autres en profitent pour discuter… Pour le peu que j'en ai vu, ça m'a semblé bien foutu, mais je n'ai pas réussi à me rattacher à quelque chose. Pas assez psyché pour me faire vriller la tête, pas assez pop pour me rappeler OMD, et pas assez sonique pour être réellement considérer comme Shoegaze… En même temps, difficile de se faire un avis avec un seul titre.
Le set de To The Happy Few fini, c'est Fatabo qui prend la relève pour leur premier concert. En même temps les trois gars qui composent ce nouveau groupe n'en sont pas à leur premier essaie et ça se sent. Ça sonne d'entrée (malgré quelques soucis de micro). Le groupe mélange à sa manière un rock indie fougueux, des accointances pop, et une énergie sauvage qui fait plaisir à voir. Prenant régulièrement l'auditeur à contre-pied, Fatabo joue avec les clichés, et balance sans en avoir l'air de jolis petits tubes. Chacun y va de sa petite comparaison : Smart Went Crazy ici, Superchunk là, ou encore The Van Pelt. On y retrouve aussi le jeu particulier de Benjamin qui reste la seule personne à ma connaissance à envoyer tant d'énergie en jouant de sa guitare au doigt. Ceux qui ont la chance de voir A Cob of Maize savent de quoi je parle. Un set un peu court, mais qui donne envie de les revoir ! Puis viennent les stars de la soirée, les Travolta du rock progressif, les Bee Gees de la noise, je veux bien entendu parler des Rubiks. Le trio lyonnais débute avec une parodie d'eux-mêmes, dépouillant un de leur morceau de son essence rock, "juste pour faire chier le monde" comme me dit Greg Reju. La suite, c'est du Rubiks typique, avec ce mélange improbable de tout et de rien, enfin surtout de funk, de Daft Punk, de noise et de culture 70s. Le All Stars Band a déjà fait ses preuves et sait attirer son public vers les pentes savonneuses des pistes de dance. Bon, on reste dans un concert noise rock, qu'on ne s'y trompe pas, mais c'est vrai que les Rubiks aiment emmener le public ailleurs. Malheureusement, le groupe n'est pas à son top aujourd'hui. Moins en place que d'habitude, moins dedans. A force de les voir, je deviens exigeant, et là, c'est un concert en demi-teinte. Un moment, la flamme vient même à vaciller et les démons du rock progressif pointent leur nez… Et quitte à faire mon chieur, je trouve que, de temps à autres, le groupe part parfois un peu trop loin dans la copie de Daft Punk, en jouant trop la carte dansante, sans second degré. Espérons qu'ils ne poussent pas le bouchon trop loin pour leurs nouveaux morceaux. Heureusement, les lyonnais sont capables de bien mieux que ça et me récupèrent avec les plus beaux tubes de l'album, quand les branleurs de Justice forniquent avec Black Sabbath… Un bon moment donc, mais bien en-dessous de ce que j'ai déjà pu voir d'eux.
Il est à peine plus de 23h et encore une fois, comme le veut la tradition, un groupe acoustique vient finir la soirée (Long John Silver)… Malheureusement, mon estomac crie famine et je ne résiste plus à l'appel de la pizza au-dessus de la salle… C'est ainsi que ce finit ce sympathique Festigoletto, trop crevé pour faire la fermeture, comme le voudrait la tradition. [mg] /// photos : cyril |